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La figure spatiale des caves dans Récits de Médilhault, d'Anne Legault, L'aigle des profondeurs, d'Esther Rochon et Hôtel Olympia, d'Élisabeth Vonarburg

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Maude Deschênes-Pradet : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Si l'époque contemporaine est caractérisée par la perte de repères et le sentiment de fragmentation; Si le rapport de l'humain à l'espace est bouleversé par les phénomènes de déterritorialisation et de reterritorialisation, et par la prégnance de non-lieux ; Si les littératures de l'imaginaire ne révèlent pas grand-chose, en réalité, sur le futur, mais beaucoup sur le rapport au monde et à la société contemporains d'une œuvre, et si le rapport de l'humain à l'espace s'y révèle à travers la représentation des lieux inventés : Alors, l'approche géocritique s'avèrerait pertinente autant pour l'étude des lieux inventés en littérature que pour celle des lieux réels. La présente analyse met à l'épreuve une telle géocritique. Une seule figure spatiale sera analysée, à travers trois œuvres québécoises contemporaines qui doivent créer l'illusion convaincante de lieux possibles par la construction d'un « xéno-atlas du lecteur». Nous nous intéresserons plus particulièrement à la dimension symbolique et mythique de ces lieux et à leurs modes de représentation. Nous espérons également, par cette recherche, mettre en lumière quelques éléments d'une géocritique des lieux inventés.

Résumé du colloque

À l’ère du spatial turn, où sont convoquées les notions d’espace, de lieu et de territoire, on peut s’étonner que la représentation des lieux mythiques ne fasse pas l’objet de recherches soutenues. On sait déjà, à la lumière des travaux de Roland Barthes, qu’on peut lier le mythe à toute parole, car, pour lui, il s’agit d’un « système de communication » (1982). À titre de récits destinés à définir des pratiques d’inclusion au sein d’une communauté donnée, les mythes contribueraient à son organisation. De fait, « [l]e mythe se caractérise par sa forme […], par son fondement […], par son rôle (expliquer le monde) » (Carlier & Griton-Rotterdam, 1994). Selon Mircea Eliade, le mythe devient ainsi exemplaire : il sert à la fois de modèle et de justification à tous les actes humains (1957). Quant à Julia Kristeva, elle précise qu’un mythe se découvre à travers un réseau de relations intertextuelles : « Le texte littéraire s’insère dans l’ensemble des textes : il est une écriture-réplique (fonction ou négation) d’un autre (des autres) texte(s) » (1978). On connaît également les avancées de la géocritique, soit l’étude de la représentation d’un lieu dans une perspective plurifocale (Westphal, 2007) et de la géosymbolique, c'est-à-dire l’étude de l’investissement symbolique dont font l’objet certains lieux référentiels (Bédard, 2002), révélant les liens synecdochiques unissant le lieu à l’humain qui l’habite ou le traverse. Or qu’en est-il des lieux inventés, mythiques ou utopiques dans nos sociétés postmodernes? Leurs représentations remplissent-elles toujours un rôle structurant et fédérateur? Existe-t-il quelque chose comme une utopie propre au Québec, territoire jadis conquis et en voie de réappropriation symbolique par une plus grande ouverture sur le monde? C’est ce que le colloque « Territoires imaginaires » propose d’explorer par l’étude d’œuvres littéraires québécoises réifiant ou déconstruisant des lieux mythiques, ou inventant de nouveaux lieux, de nouvelles utopies.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 27 mai 2015

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