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Catherine Larouche : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Nous proposons dans un premier temps une revue du concept de gouvernance. Qu'est-ce que la gouvernance? Peut-on la définir et identifier les éléments qui la caractérisent à travers la complexité et la diversité du système éducatif? Dans un deuxième temps, nous présentons les résultats des entrevues avec 10 directions générales de 10 commissions scolaires de deux régions du Québec en relevant plus particulièrement les difficultés rencontrées par les directions pour l'accès à une information valide et pertinente lors de la mise en œuvre des conventions de partenariat de même que les avantages qu'elles en perçoivent notamment par rapport aux leviers nécessaires pour le développement de la collaboration pour l'amélioration de la réussite éducative. Enfin, nous suggérons une nouvelle méthode d'intervention, les laboratoires de changement, par lesquels les conventions de partenariat pourraient être intégrées aux pratiques de gestion. Cette méthode, développée en Finlande et appliquée avec succès dans le domaine de la santé, met en action chercheurs et acteurs du terrain dans la résolution de problèmes complexes.
Le colloque aborde la relation entre la gouvernance scolaire et l’utilisation des connaissances scientifiques, ou celles issues de pratiques éprouvées, pour appuyer les décisions prises par ceux qui participent à la gouvernance et à la gestion des établissements scolaires.
Le système et les établissements scolaires font quotidiennement face à des défis immenses dans un contexte où les instances de gouvernance sont en transformation constante. Or, les acteurs qui participent à cette gouvernance à tous les échelons (on peut nommer de façon non exhaustive les députés, ministres, commissaires, directions générales de commissions scolaires, directions d’établissement, membres des conseils d’établissement) doivent s’approprier rapidement leur rôle dans une dynamique où ils n’ont pas tous les mêmes compétences à cet égard et le même accès à des mécanismes efficaces et systématisés de formation et d’appui à la prise de décision. Ce sont pourtant ces derniers qui assurent in fine le « pilotage » de l’école et qui orientent le travail du personnel scolaire. Ont-ils tous les leviers pour assumer cette importante responsabilité?
Aujourd’hui, les contraintes financières du gouvernement et la remise en cause de l’existence même des commissions scolaires suscitent des débats. Certains acteurs promettent des économies de l’ordre de 150 millions de dollars tandis que d’autres prédisent que les coûts d’une telle opération dépasseront les bénéfices escomptés. La faiblesse des arguments invoqués, d’un côté comme de l’autre, met en lumière la difficulté qu’ont les preneurs de décisions en éducation d’avoir accès à des sources fiables pouvant rapidement faire état des connaissances scientifiques ou pratiques sur les enjeux de l’heure.
Pourtant, des décisions sont prises qui découlent d’orientations portées par des croyances, engageant des sommes importantes et modifiant l’organisation du travail scolaire. La question de l’implantation efficace des technologies en est un exemple de même que celle de l’aide aux devoirs. Ces enjeux invitent à réfléchir sur l’exercice du leadership scolaire, tant à l’égard des orientations à prendre dans les établissements scolaires que des connaissances qui devraient guider la prise de décisions et leur mise en œuvre.
Thème du colloque :