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Pascal Waly Faye : Université Laval
La mise en œuvre des politiques de gestion axée sur les résultats (GAR) est porteuse de nombreuses problématiques qui tournent autour de l'origine idéologique de la performance, de l'implantation des réformes et du changement et de l'évaluation, reliés à la gouvernance. Les réformes influencées par le nouveau management public (Boyd, 1999; Hood, 1991) et les organisations internationales (Knill, 2005; Novoa, 1994; Theodoro, 2007) se caractérisent par une focalisation accrue sur les dimensions de l'économie et de l'efficience dans la mesure de la performance scolaire (Ozga, 2009, 2013; Hannaway et Woodroffe, 2003; Maroy et al., 2013; Annan, 2011). Ces réformes menées avec des approches du changement souvent inadaptées (Howlet et Ramesh, 2003; Carpentier, 2012) entrainent des résistances au niveau des acteurs (Ozga, 2009; Maroy, 2005) qui y voient un assujettissement de l'école à l'économie (Malet, 2009).
La question à la base de cette recherche traite de la cohérence hiérarchique et du rôle des enseignants et des gestionnaires dans la mise en œuvre de la GAR. Pour chacune des problématiques, une perspective descriptive et critique a permis de recenser les écrits en rapport avec l'implantation des politiques éducatives jugés pertinents.
Le colloque aborde la relation entre la gouvernance scolaire et l’utilisation des connaissances scientifiques, ou celles issues de pratiques éprouvées, pour appuyer les décisions prises par ceux qui participent à la gouvernance et à la gestion des établissements scolaires.
Le système et les établissements scolaires font quotidiennement face à des défis immenses dans un contexte où les instances de gouvernance sont en transformation constante. Or, les acteurs qui participent à cette gouvernance à tous les échelons (on peut nommer de façon non exhaustive les députés, ministres, commissaires, directions générales de commissions scolaires, directions d’établissement, membres des conseils d’établissement) doivent s’approprier rapidement leur rôle dans une dynamique où ils n’ont pas tous les mêmes compétences à cet égard et le même accès à des mécanismes efficaces et systématisés de formation et d’appui à la prise de décision. Ce sont pourtant ces derniers qui assurent in fine le « pilotage » de l’école et qui orientent le travail du personnel scolaire. Ont-ils tous les leviers pour assumer cette importante responsabilité?
Aujourd’hui, les contraintes financières du gouvernement et la remise en cause de l’existence même des commissions scolaires suscitent des débats. Certains acteurs promettent des économies de l’ordre de 150 millions de dollars tandis que d’autres prédisent que les coûts d’une telle opération dépasseront les bénéfices escomptés. La faiblesse des arguments invoqués, d’un côté comme de l’autre, met en lumière la difficulté qu’ont les preneurs de décisions en éducation d’avoir accès à des sources fiables pouvant rapidement faire état des connaissances scientifiques ou pratiques sur les enjeux de l’heure.
Pourtant, des décisions sont prises qui découlent d’orientations portées par des croyances, engageant des sommes importantes et modifiant l’organisation du travail scolaire. La question de l’implantation efficace des technologies en est un exemple de même que celle de l’aide aux devoirs. Ces enjeux invitent à réfléchir sur l’exercice du leadership scolaire, tant à l’égard des orientations à prendre dans les établissements scolaires que des connaissances qui devraient guider la prise de décisions et leur mise en œuvre.
Thème du colloque :