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Martin Normand : Association des collèges et universités de la francophonie canadienne
La politique comparée est une tradition de recherche qui combine du matériel empirique et une méthode pour trouver des explications causales qui peuvent être généralisables et qui tend vers la compréhension progressive des mécanismes qui paraissent susciter des dissemblances ou des similitudes. La politique comparée ouvre dès lors la porte à des perspectives originales pour étudier les communautés minoritaires francophones qui nous éloignent des études monographiques ou autoréflexives. Nous proposons d'inscrire l'étude de l'action collective des minorités linguistiques dans cette tradition. Nous avons sélectionné trois cas – l'Ontario, le Nouveau-Brunswick et le Pays de Galles – qui évoluent dans des contextes similaires. Pourtant, leur niveau de mobilisation ne sont pas les mêmes. Comment expliquer la variation dans les niveaux de mobilisation de minorités linguistiques qui évoluent dans des contextes similaires? Cette communication proposera une réponse à cette question en utilisant les concepts de régime linguistique, de mobilisation linguistique et de rémanence de l'action collective. Mais, elle veut surtout démontrer le potentiel d'utiliser les méthodes associées à la politique comparée pour étudier les minorités linguistiques et, à l'inverse, l'avantage pour la politique comparée et l'étude de l'action collective d'utiliser de nouveaux cas tirés des minorités linguistiques.
Dans le cadre de leur colloque annuel, l’Association des universités de la francophonie canadienne (AUFC) et le Réseau de la recherche sur la francophonie canadienne (RRF) proposent une réflexion sur les rapports que la recherche sur la francophonie canadienne entretient avec les communautés francophones. Il s’agira plus précisément de s’attarder aux modalités de construction et de diffusion du savoir sur la francophonie canadienne, un savoir caractérisé notamment par des ancrages minoritaire, culturel, communautaire, institutionnel et juridique. Quatre approches analytiques seront privilégiées, soit :
1) La place du chercheur dans les débats publics : quelle est l’importance, la pertinence ou la nature des interventions des chercheurs universitaires dans les débats publics sur la francophonie canadienne?
2) Les enjeux de l’exiguïté dans le milieu de la recherche : quels sont les effets et les enjeux de la proximité entre les chercheurs et leur objet d’études? En quoi la superposition des rôles de chercheur et d’acteur communautaire vient-elle modifier la production du savoir, ou encore, la nature des savoirs produits?
3) La portée du savoir sur la francophonie canadienne : quelle originalité les études sur la francophonie canadienne présentent-elles? Vers quels interlocuteurs les chercheurs de la francophonie canadienne pourraient-ils se tourner pour renouveler leurs réflexions sur les communautés minoritaires?
4) Le point de vue de la communauté à l’égard de la recherche : quelles sont les attentes des communautés franco-canadiennes envers le milieu universitaire? Ces attentes sont-elles différentes à l’égard des chercheurs originaires des communautés franco-canadiennes? Quel impact la recherche universitaire a-t-elle sur la perception que les communautés franco-canadiennes ont d’elles-mêmes?
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