Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Alexia Desmeules : UQAM - Université du Québec à Montréal
Amorcé en 2009, le chantier hydroélectrique de la rivière Romaine, situé en plein cœur du Nitassinan, territoire ancestral des Innus, figure parmi un des plus importants projets de développement en cours dans le Nord québécois. À la mi-parcours du projet, nous nous sommes intéressés à ses impacts sur les relations entre les Autochtones et les Allochtones aux échelles du chantier et de la municipalité régionale de comté (MRC) de la Minganie. Les résultats sont issus d'une recherche exploratoire qui a été réalisée à l'été 2014. Des entrevues semi-dirigées ont été menées auprès de travailleurs et d'acteurs-clés minganois, tant innus que non innus. À cela s'ajoutent des observations au chantier, plus spécifiquement au campement des travailleurs. Bien que les relations interethniques constituaiten le cœur de notre démarche, nous avons rapidement constaté que les impacts économiques, politiques et sociaux du chantier Romaine retenaient davantage leurs intérêts. Ces nombreux impacts ont éclipsé l'enjeu des relations, témoignant d'une certaine indifférence qui subsiste de part et d'autre pour la question interethnique. Les contacts demeurent timides et superficiels, malgré l'espace de rencontre que constitue le chantier quotidiennement. La communication se penchera sur ce désintérêt apparent pour la question qui soulève plusieurs réflexions sur les enjeux autochtones et le développement nordique au Québec
Bien que difficile à délimiter précisément, le Nord québécois est un immense territoire qui couvre plus des deux-tiers de la superficie de la province. Très peu peuplé et largement méconnu, ce milieu physique et humain contient des paysages, des ressources et des écosystèmes uniques, accueillant à la fois des cultures ancestrales et de nouvelles populations. Que l’on soit enthousiaste ou sceptique face au Plan Nord du gouvernement québécois, il n’en demeure pas moins que cette politique de développement a mis en branle un renouveau d’intérêt à l'égard de ce milieu géographique singulier.
Mais doit-on d’emblée parler d’un milieu ou des milieux géographiques de l’espace nordique péninsulaire? En effet, l’existence de la région administrative du Nord-du-Québec cache une réalité régionale des plus diversifiées incluant les territoires du Moyen-Nord. Ainsi, il y a de grandes différences entre l’Eeyou Istchee-Jamésie, le Nunavik et les corridors miniers de la Côte-Nord. Cette complexité régionale ne doit pas faire oublier les enjeux communs tels que l’isolement, les problèmes de transport et les services publics limités. Le Nord québécois, c’est aussi un milieu social où les autochtones (Inuit, Cris, Innus et Naskapis) sont très présents, voire majoritaires au sein de plusieurs collectivités.
Plusieurs défis se présentent dans le Nord québécois : des défis « géotechniques » liés à la construction et au maintien d’infrastructures en milieu soumis au pergélisol et aux changements climatiques, des défis environnementaux associés aux grands barrages ou aux exploitations minières, et des défis socioéconomiques se répercutant sur l’emploi et le bien-être au sein des collectivités. Dans ce contexte, plusieurs phénomènes restent à expliquer et de nombreuses questions sont à débattre afin de mieux comprendre le Nord québécois, qu’on le perçoive comme un milieu de vie à consolider, une nature sauvage à préserver ou un gigantesque bassin de ressources à exploiter.
Thème du colloque :