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Pierre Barrette : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le cas assez récent de la série télé, qui est passée en 25 ans du statut d'art mineur, voire de « rebut » de la culture, à celui de forme culturelle pleinement consacrée, voire de « 8ième art » en compétition sur son terrain propre avec le cinéma, pose de façon exemplaire la question - récurrente en esthétique contemporaine - de la mobilité de la frontière qui sépare les objets légitimes et illégitimes. Alors que d'aucuns voient dans cette montée en légitimité de la fiction dramatique télévisée le signe non équivoque que la télévision est en train de s'affranchir du statut « d'art pour les pauvres » en se libérant des stigmates généralement associés à la culture de grande consommation, la présente communication tentera de démontrer que, bien au contraire, le phénomène est symptomatique de la dialectique entre acceptation et rejet qui caractérise, au moins depuis les travaux de l'École de Frankfort, le discours sur les industries culturelles. En effet, le processus de légitimation d'un "art populaire" s'accompagne presque toujours du rejet d'un autre ; ainsi, un peu à la manière la légitimation du cinéma dans les années cinquante s'est effectuée contre la télévision, qui a agi comme "repoussoir", nous défendrons ici l'idée que la très forte légitimité de la série télé depuis quelques années se construit notamment sur le rejet de la télé "ordinaire" (la téléréalité, tout particulièrement), opérant un nouveau clivage au sein même du médium.
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.