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Stéphanie FISCHER : Université de Lille
Ma proposition vise à contribuer au débat sur la persévérance en posant le curseur au niveau du troisième cycle universitaire et l'incidence potentielle du développement de la persévérance au niveau de la professionnalisation des jeunes chercheurs. En me basant sur ma recherche doctorale (Fischer, 2011), ma proposition porte sur les conditions du développement de l'autonomie dans la formation des jeunes chercheurs en doctorat en sciences humaines et sociales (SHS). La littérature spécialisée montre que l'autonomie est un processus inachevé et la persévérance en doctorat un enjeu majeur dans la finalisation d'une thèse en SHS. Si la passion pour un sujet de thèse influe sur la motivation et la persévérance en doctorat, l'encadrement et l'intégration dans le milieu universitaire en constitue à l'évidence des facteurs secondaires déterminants dans la formation à la recherche par la recherche. L'objectif est de poser les jalons d'une définition du développement de l'autonomie des doctorants en tenant compte de facteurs multiples (motivation, capacité d'action et d'autorégulation, normes de l'institution). Sur la base des travaux en ethnométhodologie, j'illustrerai à partir du discours des doctorants sur leur formation comment la connaissance des règles implicites de l'institution et l'exercice d'interprétation des normes permettent d'agir et de trouver des stratégies d'autorégulation qui in fine influent sur la persévérance.
Si la motivation joue un rôle essentiel et bien compréhensible dans l’intérêt que porte l’apprenant à ses tâches, le rôle de la régulation, fondamentale dans les apprentissages, fait l’objet de moins d’attention. Pourtant, des liens semblent exister entre motivation, persévérance, autorégulation et autonomie, tels qu’ils sont révélés par les préférences d’apprentissage des apprenants (Biggs, 1978; Vermunt, 1998). De même, l’autonomie de l’apprenant semble liée à la persévérance et dépendre largement de la capacité à développer une motivation tout autant qu’une préférence pour l’apprentissage autorégulé (Boekaerts, 2002; Cosnefroy, 2011; Rozendaal, Minnaert et Boekaerts, 2005).
L’autorégulation de l’apprentissage ou la motivation de l’apprenant semblent présentes auprès du jeune enfant. Toutefois, après quelques années de scolarité, nous constatons une baisse importante de motivation et d’autorégulation, voire une perte d’autonomie chez de nombreux élèves. Cette baisse s’accentue encore après quelques années de secondaire et semble liée à un décrochage (Helle, Laakkonen, Tuijula et Vermunt, 2013). Il semblerait donc que certains facteurs inhérents aux dispositifs actuels puissent agir contre une autonomie et une persévérance jugées essentielles par ailleurs. Néanmoins, il reste possible d’intervenir pour augmenter l’autorégulation de l’apprenant et les préférences d’apprentissage en général (Carneiro, Lefrere, Steffens et Underwood, 2011; De Corte, Verschaffel, Entwistle et van Merriënboer, 2003; Vaunas et al., 2013).
Ce colloque se veut une occasion de croiser les regards spécialisés qui existent actuellement sur la persévérance, la motivation, l’autorégulation et l’autonomie de l’apprenant, ainsi que sur les possibilités d’intervention qui existent dans ce champ essentiel à la réussite des études.
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