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Le modèle de la « réponse-à-l'intervention » axé sur l'inclusion : vraiment?

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Nathalie Trépanier : Université de Montréal

Résumé de la communication

Dans le domaine de l'éducation, le modèle ou l'approche de la «réponse-à-l'intervention» (RAI) est grandement valorisé en Amérique du Nord depuis une quinzaine d'année. De façon générale, la RAI soutient le développement de pratiques d'intervention différenciées, sur le plan des apprentissages de base et des comportements, en contexte d'inclusion scolaire.

Si ces pratiques servent de filtres pour identifier les élèves qui nécessitent des évaluations spécialisées, elles leur en limitent dorénavant complètement l'accès. Il s'avère dès lors impossible de prévenir l'apparition de difficultés scolaires plus importantes qui pourraient nécessiter des actions concertées auprès de l'élève ou de sa famille, sur une base ponctuelle ou sans délais, liés à l'application de programmes particuliers. Notre proposition présentera en quoi l'application systématique de la RAI peut contribuer à marginaliser davantage certains élèves, plutôt qu'à leur faire vivre des succès en contexte d'inclusion scolaire.

Résumé du colloque

L’inclusion scolaire est souvent définie comme une philosophie et un ensemble de pratiques pédagogiques permettant à tous les élèves d’apprendre et de pleinement participer à la vie de l’école. L’inclusion n’est pas une focalisation sur un ou des élèves pour qui le curriculum est adapté et à qui un travail différent ou une assistance supplémentaire sont donnés. Ce ne serait également pas une manière d’assimiler les élèves à besoins spécifiques aux formes scolaires classiques. Il s’agirait plutôt d’un processus (et non un état) dans lequel l’école essaie de répondre aux besoins de tous. L’inclusion scolaire supposerait donc un changement paradigmatique par le transfert à l’école ordinaire des besoins particuliers de l’élève. Ainsi, ces changements ne concerneraient pas uniquement les pratiques des enseignants mais l’ensemble des dimensions scolaires.

Dans le cadre de ce symposium, on traitera des implications relatives à l’émergence de l’inclusion scolaire en utilisant le concept de dispositif (Foucault, 1977; Tremblay, 2012). Une analyse des transformations induites par l’inclusion scolaire sera le point central du colloque pquisque en rapport aux six composantes d’un dispositif : 1) les objectifs et finalités; 2) la population; 3) les ressources (qualité, quantité, organisation); 4) les actions prévues et entreprises; 5) les effets (efficacité, efficience, fiabilité, impacts); et 6) l’espace-temps.

Ces six composantes subissant une transformation profonde seront analysées sous deux axes comparatifs (le temps et l’espace). En ce qui concerne le premier axe, nous analyserons les transformations dans le temps induites par ce passage à l’inclusion scolaire. Pour le second axe, nous nous baserons sur des exemples issus de différents contextes scolaires (Québec, Suisse, Belgique et France) pour illustrer ces transformations. À cet effet, nous nous appuierons sur les résultats de différents travaux menés dans ces pays dans une confrontation des contextes éclairant les enjeux de l’inclusion.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
Discutant-e- de la session : Lise Gremion
section icon Date : 27 mai 2015

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