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Le regroupement des communautés innues de la Côte-­Nord : récits d'une exclusion territoriale et économique

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Aude Maltais-Landry : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Comme dans d'autres régions éloignées, les Innus de la Basse-Côte-Nord ont longtemps « échappé » au contrôle des Affaires indiennes. Après la Deuxième guerre mondiale, alors que la région vivait un boom économique et une poussée démographique sans précédent, on a créé plusieurs petites réserves sur la Cote‐Nord. Justifiée par une réduction des coûts et un rassemblement de la main-d'œuvre près des centres, la politique des Affaires indiennes passait alors par le regroupement et le déplacement de certaines bandes innues. En 2013-2014, j'ai mené un projet d'histoire orale la communauté de Nutashkuan, portant sur la création de la réserve dans les années 1950. Dans leurs récits, les participants ont établi un lien direct entre exclusion territoriale et économique. C'est ainsi que le choix du site de la réserve était lié à une volonté de les éloigner de la rivière et du saumon, et que la création de la réserve de Betsiamites ou le déplacement de Saint--‐Augustin visaient une appropriation du territoire par les Blancs. En racontant leur histoire, les Innus de Nutashkuan donc évoqué une dépossession plus générale du territoire et un sentiment d'injustice encore fortement ressenti, des concepts clés pour comprendre leur perception de l'histoire. En partageant quelques--‐uns des récits qui m'ont été racontés, je souhaite souligner la pertinence d'inclure cette rupture charnière dans notre réflexion sur l'avenir du nord québécois et le partage du territoire

Résumé du colloque

Bien que difficile à délimiter précisément, le Nord québécois est un immense territoire qui couvre plus des deux-tiers de la superficie de la province. Très peu peuplé et largement méconnu, ce milieu physique et humain contient des paysages, des ressources et des écosystèmes uniques, accueillant à la fois des cultures ancestrales et de nouvelles populations. Que l’on soit enthousiaste ou sceptique face au Plan Nord du gouvernement québécois, il n’en demeure pas moins que cette politique de développement a mis en branle un renouveau d’intérêt à l'égard de ce milieu géographique singulier.

Mais doit-on d’emblée parler d’un milieu ou des milieux géographiques de l’espace nordique péninsulaire? En effet, l’existence de la région administrative du Nord-du-Québec cache une réalité régionale des plus diversifiées incluant les territoires du Moyen-Nord. Ainsi, il y a de grandes différences entre l’Eeyou Istchee-Jamésie, le Nunavik et les corridors miniers de la Côte-Nord. Cette complexité régionale ne doit pas faire oublier les enjeux communs tels que l’isolement, les problèmes de transport et les services publics limités. Le Nord québécois, c’est aussi un milieu social où les autochtones (Inuit, Cris, Innus et Naskapis) sont très présents, voire majoritaires au sein de plusieurs collectivités.

Plusieurs défis se présentent dans le Nord québécois : des défis « géotechniques » liés à la construction et au maintien d’infrastructures en milieu soumis au pergélisol et aux changements climatiques, des défis environnementaux associés aux grands barrages ou aux exploitations minières, et des défis socioéconomiques se répercutant sur l’emploi et le bien-être au sein des collectivités. Dans ce contexte, plusieurs phénomènes restent à expliquer et de nombreuses questions sont à débattre afin de mieux comprendre le Nord québécois, qu’on le perçoive comme un milieu de vie à consolider, une nature sauvage à préserver ou un gigantesque bassin de ressources à exploiter.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 27 mai 2015

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