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Nicolas Sallée : Université de Montréal
Cette analyse offre une socio-histoire de l'institution chargée, en France, de l'application des décisions de justice prises à l'endroit de la jeunesse délinquante : l'ancienne Éducation surveillée, devenue en 1990 la Protection judiciaire de la jeunesse. Nous présenterons, en particulier, certaines contradictions auxquelles l'institution fut confrontée, au tournant des années 1980 et 1990, dans le sillage desquelles se sont cristallisés de nouveaux savoirs – juridiques, psychanalytiques et pédagogiques –, socle philosophique de ce modèle « d'éducation sous contrainte ». Nous montrerons comment, in fine, l'émergence de ces « nouveaux » savoirs est intimement liée à la revitalisation de « vieilles » recettes disciplinaires, symbole des inquiétudes croissantes qui entourent, en France à tout le moins, les conditions institutionnelles de la fabrique d'individus socialisés. Ouverture. Au fil de cette conférence, nous proposerons quelques pistes de réflexion comparative sur la situation de l'encadrement de la jeunesse délinquante au Québec, que nous étudions actuellement dans le cadre d'une recherche financée par le FRQSC.
Ce colloque propose un espace de réflexion visant à rendre compte des multiples angles d’analyses, de conceptualisations, de régulations et de représentations des problèmes sociaux contemporains. Champ en perpétuel renouvellement dont les grammaires sociales, thérapeutiques, scientifiques et politiques expriment autant de manières différentes d’aborder la consistance et les frontières du social.
Nous cherchons à mettre l’accent sur les espaces et les moments où, insaisissable, ce qui pose problème ne peut se résumer simplement. Jamais vraiment fou, jamais vraiment toxicomane ou en aucun cas jamais vraiment déviant, l’individu reste au final toujours garant de sa trajectoire propre évoluant dans les limites du social. C’est ainsi que l’épreuve de la normativité sociale, hybride entre souffrance et déviance, constitue le point d’ancrage entre l’individu et la cité.
En se questionnant sur les zones grises de ce qui pose problème, ce colloque vise à :
1) interroger les représentations de la déviance et de la normativité au carrefour du mental, du social et du judicaire;
2) réfléchir au renouvellement des institutions de prise en charge et d’intervention;
3) définir dans quelle mesure un changement des pratiques peut amener un changement des concepts et réciproquement;
4) déterminer les conditions de singularisation et de subjectivisation des trajectoires individuelles mise à l’épreuve.