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Marcelo Otero : UQAM - Université du Québec à Montréal
Si les épreuves sociales sont à la fois 1) des défis historiques concrets, socialement produits et inégalement distribués auxquels les individus doivent se confronter de manière singulière et/ou collective et 2) des opérateurs analytiques nous permettant de relier l'histoire et les places sociales aux les itinéraires personnels (Martuccelli, 2012), il est clair qu'on fait essentiellement allusion à des jeux relations (actions, réactions, résistances interactions, etc.) modulées et différentiés en fonction de conditions de possibilité largement sociétales (cadres de l'expérience). Les épreuves de la normativité sociale sont autant un niveau de la réalité qu'un analyseur de «ce qui pose problème» à nous-mêmes et aux autres en termes de souffrance, déviance, inconfort, dysfonctionnement, insuffisance, etc. Nul besoin, à notre avis, d'avoir recours à des argumentaires substantialistes concernant tant des populations ou des individus problématiques qu'aux institutions normalisantes qui incarnent tous les maux de la normativité sociale. Est-ce possible de se délivrer de ces deux fétichismes sociologiques qui hantent l'analyse de l'univers du «social problématique» sans en créer à notre tour des nouveaux ?
Ce colloque propose un espace de réflexion visant à rendre compte des multiples angles d’analyses, de conceptualisations, de régulations et de représentations des problèmes sociaux contemporains. Champ en perpétuel renouvellement dont les grammaires sociales, thérapeutiques, scientifiques et politiques expriment autant de manières différentes d’aborder la consistance et les frontières du social.
Nous cherchons à mettre l’accent sur les espaces et les moments où, insaisissable, ce qui pose problème ne peut se résumer simplement. Jamais vraiment fou, jamais vraiment toxicomane ou en aucun cas jamais vraiment déviant, l’individu reste au final toujours garant de sa trajectoire propre évoluant dans les limites du social. C’est ainsi que l’épreuve de la normativité sociale, hybride entre souffrance et déviance, constitue le point d’ancrage entre l’individu et la cité.
En se questionnant sur les zones grises de ce qui pose problème, ce colloque vise à :
1) interroger les représentations de la déviance et de la normativité au carrefour du mental, du social et du judicaire;
2) réfléchir au renouvellement des institutions de prise en charge et d’intervention;
3) définir dans quelle mesure un changement des pratiques peut amener un changement des concepts et réciproquement;
4) déterminer les conditions de singularisation et de subjectivisation des trajectoires individuelles mise à l’épreuve.