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Janie Brisson : UQAM - Université du Québec à Montréal
Suite à notre critique de la logique mentale et à notre introduction d'une perspective structurale, nous nous pencherons sur la pertinence d'une approche plus sémantique, comme celle de la théorie des modèles mentaux (voir Johnson-Laird et Byrne, 2002). Alors que cette théorie est algorithmique, nous allons proposer de lui ajouter une théorie computationnelle, laquelle tente de modéliser non seulement l'expertise, mais aussi le comportement sophistique du novice. Pour ce faire, nous allons nous référer à la structure d'algèbre et de treillis de Boole et aux groupes de Klein présents dans la logique classique des propositions. Les sophismes systématiques en contexte classique seront alors modélisés comme des écrasements des groupes de Klein. Nous tirerons de cette modélisation des prédictions relatives à des sophismes systématiques non encore identifiés dans la littérature et des stratégies pédagogiques pour enseigner aux novices à éviter les sophismes, par l'évitement de l'écrasement des groupes en question.
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.
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