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Jonathan VERREAULT : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les organismes aquatiques sont constamment exposés à une pléthore de polluants organiques halogénés d'origine industrielle dont certains peuvent être persistants, bioaccumulables et toxiques. Parmi ceux-ci, les restrictions internationales récentes sur l'utilisation de certains retardateurs de flamme (composés ignifuges) et composés perfluorés (surfactants), font en sorte que plusieurs nouveaux composés ont fait leur apparition sur le marché pour les mêmes applications commerciales et domestiques. De nouveaux retardateurs de flamme pour lesquels aucune réglementation n'existe ont d'ailleurs été récemment identifiés chez des espèces de poissons et d'oiseaux du Fleuve Saint-Laurent ainsi que chez le béluga de l'estuaire du Saint-Laurent. Il existe cependant un manque criant de connaissances sur le devenir et la toxicité de ces nouveaux composés chimiques au sein des espèces fauniques. Est-ce que ces nouveaux polluants nécessiteraient un suivi environnemental plus serré? Devrait-on s'inquiéter de leur impact potentiel sur la santé des espèces aquatiques?
L’écotoxicologie est une science qui s’est développée durant les trente dernières années, essentiellement dans les universités et dans les laboratoires des agences gouvernementales, parfois de façon parallèle, mais le plus souvent en étroite collaboration comme l’a fait le professeur Pelletier tout au long de sa carrière. L’écotoxicologie marine a pour objet d’étude les effets des activités humaines sur la santé de l’environnement marin à une époque où la pression sur l’exploitation des ressources naturelles s’accentue, la sécurité alimentaire doit être assurée et la demande pour la circulation des produits de consommation croît sans cesse.
Or, l’espace de recherche en écotoxicologie marine au Canada a changé très rapidement depuis peu : le développement de ce domaine scientifique n’est pratiquement plus assumé par les chercheurs du gouvernement canadien et la recherche fondamentale est plus difficile à financer. Il convient de faire une réflexion sur les perspectives d’avenir de cette science, et c’est l’objectif de ce colloque.
Cette réflexion s’inscrit dans un contexte de quasi-urgence : la réglementation pour la protection de l’environnement marin semble plus souple et les études d’impact environnemental ont maintenant un fort caractère économique, et une exigence de résultats dans des délais de plus en plus courts. Pourtant, le défi apparaît de moins en moins technologique : les instruments analytiques (et bioanalytiques) sont performants, sensibles et automatisés, un grand nombre de données est généré rapidement. Quels sont alors les défis des chercheurs en écotoxicologie marine dans le nouveau contexte de recherche qui se met en place?
Titre du colloque :