pen icon Colloque
quote

Les vertus du modèle anti-humien de la motivation

SD

Membre a labase

Samuel Dishaw : Université de Montréal

Résumé de la communication

Historiquement, la position non-naturaliste enméta-éthique (McDowell 1998, Wiggins 1987) est une thèse relevant de la métaphysique et de la philosophie du langage. En raison, cependant,de la dialectique qui a opposé ces philosophes non-naturalistes au non-cognitivisme de l'époque (Stevenson, Hare, Blackburn), la question de la motivation morale est devenue cruciale à leur propos. En effet, l'argument central en faveur du non-cognitivisme demeure sa résolution directe et expéditive du problème de la motivation morale : si les jugements moraux ont principalement pour fonction d'exprimer un état conatif,il va de soi que l'assentiment à un jugement moral pourrait suffireà la formation d'une intention d'agir. Évidemment, le succès présumé du non-cognitivisme à cet égard n'est remarquablequ'à condition d'endosser la « théorie humienne de la motivation », selon laquelle un état de croyance ne peut jamais suffire, en l'absence d'un état conatif relié, à motiver un agent à agir.

Les objections et contre-propositions à la théorie humienne ontété nombreuses(Dancy 1993, Platts 1980, McNaughton 1988).Dans cette présentation, je me pencherai plus spécifiquement sur celle provenant du modèle de l'agent vertueux (McDowell 1979) :contourner la théorie humienne de la motivation en identifiant la connaissance morale à la vertu, puis en définissant celle-ci en termes de dispositionsà agir en accord avec le bien moral.

Résumé du colloque

L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.

Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.

Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.

Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 27 mai 2015

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :