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Euchariste Morin : Ministère de la Culture et des Communications
Depuis les trente dernières années, la valorisation du patrimoine au Québec a participé au développement de l'histoire régionale. Dans la mouvance de la régionalisation des années 1970, les régions se sont définies et développées à partir des ressources propres à chaque territoire dont font partie les espaces culturels. Ces derniers sont des repères identitaires pour la population et constituent également un potentiel important de développement, notamment en tourisme culturel. Ces lieux de mémoire créent un sentiment d'appartenance sur lequel peuvent s'appuyer les projets de protection et de mise en valeur.
L'intérêt pour le patrimoine a conduit à la réalisation de plusieurs études sur des thèmes variés. D'abord orchestrées par l'État, la production et la diffusion de ces travaux relèvent davantage maintenant des instances locales et régionales. Depuis la Politique culturelle du Québec adoptée en 1992, le gouvernement a fait du partenariat avec les municipalités la pierre d'assise de son action en visant, entre autres, une plus grande démocratisation de la culture. Différentes mesures ont été mises en place pour appuyer les communautés locales qui ont entrepris plusieurs chantiers pour améliorer les connaissances historiques et patrimoniales de leur milieu. Cette communication présentera des exemples concrets de projets de mise en valeur dans les différents champs du patrimoine (bâti, archéologique, immatériel, paysager) qui ont contribué à construire l'histoire régionale.
Souvent négligée, l’histoire régionale constitue pourtant une pratique essentielle et intrinsèquement liée à la construction d’une histoire dite « nationale ». En marge du débat entre la petite et la grande histoire, la pratique de l’histoire régionale en tant que telle demeure somme toute assez mal définie, à la fois dans ses finalités, ses paramètres d’analyse et ses pratiques concrètes. Entre le récit des figures et événements du local, l’explication de l’origine des toponymes, la mise en forme des témoignages ethnographiques, la publication de fonds d’archives inédits et les démarches de patrimonialisation, l’histoire régionale reste un objet multiforme. Obéissant à des règles méthodologiques et épistémologiques qui lui sont propres, elle n’en participe pas moins à définir une culture historique publique et à orienter les enquêtes produites dans un cadre proprement universitaire.
Le colloque suggéré propose ainsi de faire un état des lieux de cette pratique d’histoire régionale, notamment par la mise en relief de la variété des pratiques et de ses objets. Les propositions de communications pourront s’insérer à l’intérieur de l’un des axes suivants :
La construction d’une histoire locale et régionale : ses fondements, ses fonctions identitaires d’hier à aujourd’hui.
Les artisans de l’histoire régionale : les acteurs privés (chercheurs autodidactes, universitaires et professionnels) et institutionnels (institutions publiques, organismes communautaires et culturels), les collaborations, la variété des perspectives disciplinaires mises à contribution (géographie, ethnologie, histoire, archéologie, archivistique, etc.).
Les matériaux de l’histoire régionale : les objets; les types de sources dépouillés ou à investir dans le futur.
La production de l’histoire régionale : la variété des échelles et les thèmes de prédilection; le rôle structurant du patrimoine; les pratiques de rédaction et les enjeux liés à la diffusion; les travaux marquants des dernières décennies.
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