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Kurt VIGNOLA : Cégep de Rimouski
On pourrait facilement avoir l'impression générale qu'une revue d'histoire locale est réalisée de façon négligée, innove peu et se diffuse à un faible lectorat, non scientifique de surcroît. Là se trouve l'intérêt d'analyser les contenus, les méthodes et la diffusion d'une revue d'histoire régionale telle que L'Estuaire, anciennement Revue d'histoire du Bas-Saint-Laurent. Que s'est-il passé en histoire régionale du Bas-Saint-Laurent entre la création de la revue en 1973 et 2013? Qu'a-t-on appris de nouveau? Ces découvertes ont-elles été mises à profit? En quoi une telle revue fait-elle réellement progresser ou non les savoirs?
Nous proposons un portrait de l'évolution de la revue L'Estuaire en examinant à la fois les principaux thèmes, personnages et grands débats qui l'ont occupée, portant du même coup attention aux sources et aux méthodes mises en œuvre par différents types d'auteurs. Au bout du compte, cette étude empirique présente l'occasion de proposer une définition de « l'histoire régionale ».
Souvent négligée, l’histoire régionale constitue pourtant une pratique essentielle et intrinsèquement liée à la construction d’une histoire dite « nationale ». En marge du débat entre la petite et la grande histoire, la pratique de l’histoire régionale en tant que telle demeure somme toute assez mal définie, à la fois dans ses finalités, ses paramètres d’analyse et ses pratiques concrètes. Entre le récit des figures et événements du local, l’explication de l’origine des toponymes, la mise en forme des témoignages ethnographiques, la publication de fonds d’archives inédits et les démarches de patrimonialisation, l’histoire régionale reste un objet multiforme. Obéissant à des règles méthodologiques et épistémologiques qui lui sont propres, elle n’en participe pas moins à définir une culture historique publique et à orienter les enquêtes produites dans un cadre proprement universitaire.
Le colloque suggéré propose ainsi de faire un état des lieux de cette pratique d’histoire régionale, notamment par la mise en relief de la variété des pratiques et de ses objets. Les propositions de communications pourront s’insérer à l’intérieur de l’un des axes suivants :
La construction d’une histoire locale et régionale : ses fondements, ses fonctions identitaires d’hier à aujourd’hui.
Les artisans de l’histoire régionale : les acteurs privés (chercheurs autodidactes, universitaires et professionnels) et institutionnels (institutions publiques, organismes communautaires et culturels), les collaborations, la variété des perspectives disciplinaires mises à contribution (géographie, ethnologie, histoire, archéologie, archivistique, etc.).
Les matériaux de l’histoire régionale : les objets; les types de sources dépouillés ou à investir dans le futur.
La production de l’histoire régionale : la variété des échelles et les thèmes de prédilection; le rôle structurant du patrimoine; les pratiques de rédaction et les enjeux liés à la diffusion; les travaux marquants des dernières décennies.
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