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Valérie Bourgeois : Boréalis, Centre d'histoire de l'industrie papetière
L'industrie a eu un impact considérable dans l'évolution des régions québécoises et l'histoire du Québec. À titre d'exemple, l'industrie des pâtes et papiers a teinté la trame urbaine trifluvienne que l'on connaît aujourd'hui. Le déclin de cette industrie a accéléré la réflexion dans les musées qui s'emploient à mettre en valeur les connaissances et savoir-faire liés à son patrimoine. L'idée de faire appel au patrimoine immatériel s'est imposée dès le début des travaux de construction de Boréalis, l'un des plus importants projets de mise en valeur du patrimoine industriel des dix dernières années au Québec. Inspirée par les pratiques d'enquêtes ethnologiques, l'équipe de Boréalis a parcouru plus de 7000 km et réalisé plus de 200 heures de tournages afin de recueillir les témoignages des travailleurs de l'industrie papetière. À ce jour, Mémoires industrielles a permis de recueillir plus de 80 témoignages d'une centaine de personnes dans 11 régions du Québec, ainsi que dans 8 villes de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick.
Dans le cadre de ce colloque, nous soulignerons l'importance de préserver le patrimoine industriel en plus de nous intéresser aux défis liés à cette nouvelle façon de construire l'histoire régionale et nationale à partir de récits oraux. La présentation sera également l'occasion d'exposer les récents travaux qui ont contribué à structurer l'histoire de l'industrie papetière locale et régionale en plus d'alimenter la fonction identitaire, d'hier à aujourd'hui.
Souvent négligée, l’histoire régionale constitue pourtant une pratique essentielle et intrinsèquement liée à la construction d’une histoire dite « nationale ». En marge du débat entre la petite et la grande histoire, la pratique de l’histoire régionale en tant que telle demeure somme toute assez mal définie, à la fois dans ses finalités, ses paramètres d’analyse et ses pratiques concrètes. Entre le récit des figures et événements du local, l’explication de l’origine des toponymes, la mise en forme des témoignages ethnographiques, la publication de fonds d’archives inédits et les démarches de patrimonialisation, l’histoire régionale reste un objet multiforme. Obéissant à des règles méthodologiques et épistémologiques qui lui sont propres, elle n’en participe pas moins à définir une culture historique publique et à orienter les enquêtes produites dans un cadre proprement universitaire.
Le colloque suggéré propose ainsi de faire un état des lieux de cette pratique d’histoire régionale, notamment par la mise en relief de la variété des pratiques et de ses objets. Les propositions de communications pourront s’insérer à l’intérieur de l’un des axes suivants :
La construction d’une histoire locale et régionale : ses fondements, ses fonctions identitaires d’hier à aujourd’hui.
Les artisans de l’histoire régionale : les acteurs privés (chercheurs autodidactes, universitaires et professionnels) et institutionnels (institutions publiques, organismes communautaires et culturels), les collaborations, la variété des perspectives disciplinaires mises à contribution (géographie, ethnologie, histoire, archéologie, archivistique, etc.).
Les matériaux de l’histoire régionale : les objets; les types de sources dépouillés ou à investir dans le futur.
La production de l’histoire régionale : la variété des échelles et les thèmes de prédilection; le rôle structurant du patrimoine; les pratiques de rédaction et les enjeux liés à la diffusion; les travaux marquants des dernières décennies.
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