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Daisy Boustany : Université de Montréal
En période de restrictions budgétaires, la culture est très souvent la première à subir le couperet. Cela semble montrer une conception pragmatique de ce qui construit et maintient une société effervescente et en harmonie. En réponse à la crise financière de 2008, l'Islande a reconstruit une grande partie de son économie en faisant de la culture le deuxième moteur de développement économique. En réponse à la violence et l'insécurité sociale, Medellin en Colombie a misé sur le développement culturel et est ainsi devenu un exemple mondial. On peut se demander si l'impact et la portée de la culture en tant qu'espace d'expression, de liant social ainsi que de moteur de développement sont réellement compris à leur juste valeur par les décideurs. Face à cet enjeu, un consensus au sein des différents groupes de la société civile défendant la diversité culturelle s'est imposée : celui de mesurer les impacts de la culture dans différents domaines du développement et ainsi, démontrer que la culture est un levier tout autant essentiel que le domaine économique, environnemental et social. À travers la recherche d'indicateurs évaluables et universels, l'objectif est d'abord de formuler l'apport de la culture en termes de résultats et ensuite, d'être un outil utile pour les opérateurs culturels eux-mêmes. Cependant, une mesure qui répond aux critères de rendement des bailleurs de fonds ou des élus est-elle conciliable avec les besoins des populations locales?
Dans le cadre du 83e Congrès de l’Acfas, nous souhaitons répondre à l’appel des organisateurs à sortir des sentiers battus en proposant de réunir chercheurs et acteurs du développement afin de discuter de la place de la qualité de vie culturelle dans le choix d’établissement et d’attachement au lieu de résidence, et ce, hors des grands centres urbains. Une telle réflexion est d’autant plus pertinente que le colloque de l’Acfas se tient cette année à Rimouski, ville régionale reconnue pour son dynamisme culturel, ce qui en fait un cas d’étude pertinent.
D’une part, la vie culturelle rimouskoise se présente comme étant particulièrement vivante et dynamique, et d’autre part, de plus en plus de jeunes urbains décident de s’établir à Rimouski en raison de la proximité de la nature, notamment, mais également en raison de la vie culturelle. Dans cette optique, nous désirons nous interroger sur le lien qui semble se dessiner ici, soit le fait de choisir un lieu de résidence non pas uniquement en fonction d’un travail ou de liens familiaux, mais aussi en fonction de la vie culturelle locale. Il est également utile de se demander si la situation est la même dans d’autres régions et quelles sont les réalités ailleurs.
Enfin, nous désirons engager une réflexion qui remet en contexte l’importance de la culture par rapport au développement des villes régionales, à l’heure où les discours sur l’austérité et les compressions budgétaires menacent la pérennité de certaines institutions et, par le fait même, la culture et le développement des régions.
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