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Marie-Claude Bernard : Université Laval
Les percées en matière de biotechnologie ouvrent la voie à des transformations d'une grande portée touchant au cœur du vivant: manipulation génétique, OGM ou utilisation de cellules souches, la biologie contemporaine soulève des questions porteuses d'enjeux (Parizeau, 2010) qui trouvent écho dans la recherche et l'enseignement des sciences. Dans ce contexte, nous avons mené une étude sur l'analyse du discours des programmes officiels scolaires du préscolaire au secondaire au Québec et en France sur les questions entourant le vivant, en considérant que lesdits programmes contribuent autant à la structuration des situations éducatives qu'à l'intégration d'un point de vue sur la société et les savoirs (Désautels & Larochelle, 2004; Lessard, 2010). Au regard de trois axes: approches éthiques du vivant, caractérisation du vivant et méthodologies scientifiques et techniques, l'étude a montré qu'une des finalités de l'enseignement des sciences et technologies serait de favoriser le développement, chez les élèves, d'une culture technique et scientifique permettant de poser un regard critique sur celle-ci et de soulever des questions éthiques à l'égard de la fécondation in vitro ou des biotechnologies (Bernard et al., 2013; de Montgolfier et al., 2015). Il s'agit à présent de présenter les résultats d'analyse du dernier axe en ouvrant la réflexion sur les possibles retombées du discours sur les pratiques enseignantes et sur les conceptions des élèves sur les enjeux entourant le vivant.
La vie et le vivant intéressent autant les scientifiques que les poètes ou les philosophes. Nos rapports au vivant se construisent, se complexifient et se structurent au fil des expériences, à l’occasion de rencontres ou d’événements vécus en famille, à l’école, au gré de différentes activités auxquelles on accorde diverses significations et valeurs (Bernard, 2014; dell’Angelo, 2008). Par le passé, pour appréhender le « vivant » ou la « vie », différents paradigmes ont été identifiés selon des approches ou des éclairages provenant de plusieurs domaines disciplinaires comme les études philosophiques, épistémologiques, biologiques ou encore anthropologiques, sociologiques et historiques (Canguilhem, 1990; Jacob, 1970; Simard, Harvey & Samson, 2014).
Des avancées scientifiques récentes dans le domaine de la biologie et des biotechnologies ouvrent de nouvelles problématiques en modifiant le noyau (au sens propre comme au figuré) de ce que l’on conçoit comme vivant. Elles conduisent à remettre en question les conceptions de la vie humaine, animale et végétale, et de ses modes de transmission. D’un pays à l’autre, des cadres juridiques sont proposés, des comités d’éthique regroupant diverses disciplines et associations sont mis sur pied, cherchant non seulement la réflexion sur ses enjeux, mais aussi la nécessité de baliser, voire limiter, les pratiques professionnelles entourant le vivant (Parizeau, 2010). Ces questionnements ne concernent pas seulement les spécialistes dans le domaine des sciences du vivant, du droit, de l’économie ou de l’éthique; ils concernent aussi de manière plus générale tous les citoyens et, en particulier, les enseignants qui sont au centre de la situation éducative.
Considérant que vie et vivant sont porteurs d’enjeux importants touchant l’individu comme la société, notre perspective dans ce colloque est d’explorer et d’interroger certains de ces enjeux susceptibles de nourrir la réflexion des acteurs de l’enseignement et d’autres domaines concernés.
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