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Géraldine Duvanel Aouida : Université de Fribourg
Dans une préoccupation de compréhension de la jeunesse contemporaine, de nombreuses études s'intéressent aux expériences individuelles et collectives pour éclairer certaines pratiques dites « jeunes ». De plus en plus d'études qualitatives reconnaissent l'importance de donner la parole aux jeunes pour saisir les phénomènes sociaux dont ils sont les acteurs principaux. Parmi celles-ci, certaines s'intéressent spécifiquement à des jeunes en grande vulnérabilité. Se pose alors la question centrale de l'approche d'une population en souffrance. Comment, en tant que chercheur(e) (et adulte), approcher les jeunes dont le rapport à l'adulte est effrité? Comment accéder à leurs discours? C'est dans une démarche rétrospective à partir d'une thèse sur les parcours de délinquances juvéniles, que sera proposée une réflexion sur le lien entre chercheur(e) et enquêté(e), afin de décrypter les éléments favorisant l'accès au discours profond et les entraves potentielles, susceptibles soit de nuire à la récolte des données, soit de favoriser la mobilisation d'un matériau de qualité. À la fois le contexte de la rencontre, la présentation de la recherche, l'engagement choisi, la casquette du chercheur et le degré d'investissement seront des thématiques traitées comme des points d'accroche pour la mobilisation d'une méthodologie propice à la récolte de récits de vie de jeunes « fragilisés ».
Ce colloque, organisé conjointement par l’Association pour la recherche qualitative (ARQ) et l’Observatoire Jeunes et société (OJS), sera l’occasion de faire le point sur les enjeux méthodologiques et les défis de la recherche auprès des jeunes. Portant sur une variété de projets de recherche auprès des jeunes, les communications aborderont divers enjeux transversaux :
– Les relations entre les chercheurs et les jeunes (comment établir une relation de confiance ? Y a-t-il des a priori réciproques à déconstruire?);
– La place que peut prendre le jeune dans la recherche (quels rôles peut-il occuper dans la conception du projet? Dans la collecte? Dans les analyses?);
– Les dynamiques particulières soulevées par la recherche partenariale sur les jeunes lorsqu’elle inclut aussi des intervenants du milieu communautaire ou de l’action publique;
– Les dispositifs d’enquête (quels moyens méthodologiques permettent de rejoindre les jeunes et de susciter leur implication? Quels objets d’étude sont les mieux servis par des méthodes participatives?);
– L’échantillonnage (quels modes de recrutement permettent de tenir compte et de mettre en valeur la diversité des jeunes? Comment rejoindre ceux qui sont marginalisés?);
– Les enjeux éthiques de la participation active des jeunes;
– Le transfert des connaissances (quels sont les moyens pour communiquer les connaissances non seulement aux intervenants, mais aussi aux jeunes eux-mêmes?).
Ces diverses questions méthodologiques se posent avec acuité dans le cas de la recherche auprès des jeunes parce que ceux-ci sont diversifiés et sont, par définition, en constante évolution. En outre, les jeunes sont souvent peu écoutés des acteurs publics et médiatiques, et ce, d’autant plus que leur poids démographique diminue, notamment au Québec. La recherche véhicule donc une image de la jeunesse et ce colloque sera l’occasion de renouveler la réflexion sur les meilleures manières d’en rendre un portait juste et précis.
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