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Isabelle NEDELEC TROHEL : Université de Picardie Jules-Verne
Dans un collège français, nous enquêtons sur un dispositif d'inclusion adressé à des élèves présentant des troubles des fonctions cognitives ou mentales élaboré et mis en oeuvre par deux professeurs. Ces élèves étudient en classe de 4ème avec un professeur de géographie et dans l'Ulis (Unité Locale pour l'Inclusion Scolaire) avec un professeur spécialisé (Nédélec-Trohel, soumis). Ils vont diffuser des études de cas dans la classe de 4ème en présence des deux professeurs. Selon une démarche empirique de type clinique pour recueillir les indices nécessaires à la lisibilité de l'action conjointe entre ces acteurs in situ, nous prenons appui sur des outils théoriques de la Théorie de l'Action Conjointe en Didactique (Sensevy, 2011). A partir des vidéos et entretiens effectués, nous questionnons (i) des conditions de transmission du savoir en classe par les élèves Ulis (2) les contraintes de la co-intervention (3) les savoirs émergeant d'un système à l'autre.L'Ulis pourrait constituer un système auxiliaire, pourvoyeur de savoirs légitimes et nécessaires pour ancrer les élèves Ulis en classe ordinaire et étudier des savoirs résistants pour l'apprentissage de tous les élèves en classe.
L’inclusion scolaire est souvent définie comme une philosophie et un ensemble de pratiques pédagogiques permettant à tous les élèves d’apprendre et de pleinement participer à la vie de l’école. L’inclusion n’est pas une focalisation sur un ou des élèves pour qui le curriculum est adapté et à qui un travail différent ou une assistance supplémentaire sont donnés. Ce ne serait également pas une manière d’assimiler les élèves à besoins spécifiques aux formes scolaires classiques. Il s’agirait plutôt d’un processus (et non un état) dans lequel l’école essaie de répondre aux besoins de tous. L’inclusion scolaire supposerait donc un changement paradigmatique par le transfert à l’école ordinaire des besoins particuliers de l’élève. Ainsi, ces changements ne concerneraient pas uniquement les pratiques des enseignants mais l’ensemble des dimensions scolaires.
Dans le cadre de ce symposium, on traitera des implications relatives à l’émergence de l’inclusion scolaire en utilisant le concept de dispositif (Foucault, 1977; Tremblay, 2012). Une analyse des transformations induites par l’inclusion scolaire sera le point central du colloque pquisque en rapport aux six composantes d’un dispositif : 1) les objectifs et finalités; 2) la population; 3) les ressources (qualité, quantité, organisation); 4) les actions prévues et entreprises; 5) les effets (efficacité, efficience, fiabilité, impacts); et 6) l’espace-temps.
Ces six composantes subissant une transformation profonde seront analysées sous deux axes comparatifs (le temps et l’espace). En ce qui concerne le premier axe, nous analyserons les transformations dans le temps induites par ce passage à l’inclusion scolaire. Pour le second axe, nous nous baserons sur des exemples issus de différents contextes scolaires (Québec, Suisse, Belgique et France) pour illustrer ces transformations. À cet effet, nous nous appuierons sur les résultats de différents travaux menés dans ces pays dans une confrontation des contextes éclairant les enjeux de l’inclusion.
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