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Cheryl Gosselin : Université Bishop's
Cette communication explore la question de la production de frontières linguistiques, sociales et culturelles qui redéfinissent l'identité anglophone dans le contexte sociopolitique québécois. La minorité linguistique d'expression anglaise est, en effet, marquée par des frontières géographiques, socioculturelles, linguistiques et politiques qui témoignent de plusieurs réalités liées à ses conditions matérielles et sa présence dans l'espace public. Elle est aussi traversée par différentes identités ethnoculturelles et religieuses. Après une analyse des projets de loi 10, 14 et 60, nous montrons comment l'État favorise une interprétation d'identités figées et renforce les frontières de la société d'expression française pour en exclure les anglophones. Enfin, nous traitons de la façon dont les communautés d'expression anglaise franchissent ces frontières et articulent leurs propres lieux et sentiments d'appartenance. Nous nous appuyons sur une analyse de contenu des trois lois proposées ainsi que des éditoriaux et articles de journaux sur les audiences publiques, tirés de la revue de presse en ligne Daily Briefing du Quebec Community Groups Network. Nous utilisons aussi les articles et dossiers que présentent les groupes communautaires aux audiences publiques et qui révèlent leur positionnement au sein de la société québécoise. Puis, nous procédons à une analyse régionale, basée sur des sources d'information non montréalaises comme le Sherbrooke Record, La Tribune et le Huffington Post.
Les anglophones du Québec, malgré une langue commune, sont divisés en de nombreuses communautés et sous-groupes. Identifier les caractéristiques de ces diverses communautés d’expression anglaise représente alors un défi pour la recherche et l’action publique. En effet, les marqueurs identitaires liés à la langue s’accompagnent souvent d’autres marqueurs parfois plus significatifs pour les individus. Ces marqueurs peuvent être liés au sentiment d’appartenance à un groupe culturel (p. ex. : Irlandais, Pakistanais, Premières Nations, etc.), à une confession religieuse (p. ex. : juive, chrétienne, etc.) ou à un territoire (Montréal, Québec, les régions). La grande variété de situations de ces communautés est aussi attribuable à leur présence historique, ou pas, au Québec. Cette présence joue sur la force de leurs institutions, la visibilité de leurs représentants et, à travers ces derniers, sur les possibilités de dialogue avec la majorité francophone.
Malgré la complexité d’établir des critères définissant de façon univoque ces communautés, une grande tendance se dessine : celle d’une disparité toujours plus grande au fil des ans entre les anglophones de Montréal et ceux hors de la métropole. Jusqu’à maintenant, la majorité de la recherche s’est penchée sur la région montréalaise, où l’on retrouve plus de 80 % des anglophones du Québec. Notre colloque innove donc en se penchant plus spécifiquement sur les défis et les enjeux entourant le fait d’appartenir à une communauté d’expression anglaise loin de cette masse critique. Ces défis et ces enjeux touchent, entre autres, le maintien d’institutions, la capacité de se mobiliser en tant que communauté, la rétention des jeunes qui migrent vers Montréal ou d’autres villes canadiennes, l’attraction d’immigrants et l’accès à des services en anglais garantis par les lois fédérale et provinciale. Les présentations à notre colloque aborderont plusieurs de ces enjeux. L’objectif est d’offrir un meilleur portrait des communautés d’expression anglaise implantées en région et de générer une lecture critique et actuelle de leur situation.
Ce colloque est organisé par le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise et l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques.
Le colloque sera suivi d’un après-midi à Métis-sur-Mer afin d’y découvrir son patrimoine et ses institutions anglophones. Une visite guidée des Jardins de Métis est prévue, suivie d’un cocktail aux bureaux de Heritage Lower Saint Lawrence. Ce sera l’occasion de découvrir les réalités de la communauté d’expression anglaise du Bas-Saint-Laurent dans un cadre enchanteur en bord de mer. Un souper aura également lieu pour ceux qui souhaitent rester après le cocktail. L’inscription pour ces activités se fera lors du colloque (transport et frais d’admission aux Jardins non inclus). Informations : acfas2015@gmail.com.
Comité scientifique : Cheryl Gosselin, Paul Zanazanian et les organisateurs du colloque
Thème du colloque :