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Redéfinir le Plan Nord : une proposition de cogestion adaptative s'appuyant sur une matrice de développement inversée

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Chantal Gailloux : Texas State University

Résumé de la communication

Repenser le développement du Nord paraît une nécessité pour plusieurs chercheurs et acteurs du développement. Industriels, fonctionnaires, autochtones et populations « blanches » doivent apprendre à dialoguer davantage. Nous postulons qu'au travers de la cogestion adaptative d'une matrice de développement inversée, les communautés du Nord devraient être responsables de l'aménagement de leur territoire, tout en s'appuyant sur des mécanismes de concertation plus large. L'essence de cet exercice est un renversement de la logique du développement à travers une structure de gouvernance démocratique inédite au sein d'une matrice d'aménagement du territoire inversée : la démonstration de la pertinence incombe dorénavant aux projets de développement plutôt qu'aux projets de conservation. Nous présenterons nos réflexions sur le sujet à la suite d'un séjour sur le terrain dans la région de Kuujjuarapik. Ce cadre théorique est fondé sur un changement de paradigme, passant d'une logique néo-colonialiste et néo-libérale à une gouvernance basée sur la cogestion répondant au droit fondamental d'autodétermination des peuples. Les concepts de nordicité, d'autochtonie, de préservation des écosystèmes trop souvent en compétition avec le développement économique ont guidé la réflexion

Résumé du colloque

Bien que difficile à délimiter précisément, le Nord québécois est un immense territoire qui couvre plus des deux-tiers de la superficie de la province. Très peu peuplé et largement méconnu, ce milieu physique et humain contient des paysages, des ressources et des écosystèmes uniques, accueillant à la fois des cultures ancestrales et de nouvelles populations. Que l’on soit enthousiaste ou sceptique face au Plan Nord du gouvernement québécois, il n’en demeure pas moins que cette politique de développement a mis en branle un renouveau d’intérêt à l'égard de ce milieu géographique singulier.

Mais doit-on d’emblée parler d’un milieu ou des milieux géographiques de l’espace nordique péninsulaire? En effet, l’existence de la région administrative du Nord-du-Québec cache une réalité régionale des plus diversifiées incluant les territoires du Moyen-Nord. Ainsi, il y a de grandes différences entre l’Eeyou Istchee-Jamésie, le Nunavik et les corridors miniers de la Côte-Nord. Cette complexité régionale ne doit pas faire oublier les enjeux communs tels que l’isolement, les problèmes de transport et les services publics limités. Le Nord québécois, c’est aussi un milieu social où les autochtones (Inuit, Cris, Innus et Naskapis) sont très présents, voire majoritaires au sein de plusieurs collectivités.

Plusieurs défis se présentent dans le Nord québécois : des défis « géotechniques » liés à la construction et au maintien d’infrastructures en milieu soumis au pergélisol et aux changements climatiques, des défis environnementaux associés aux grands barrages ou aux exploitations minières, et des défis socioéconomiques se répercutant sur l’emploi et le bien-être au sein des collectivités. Dans ce contexte, plusieurs phénomènes restent à expliquer et de nombreuses questions sont à débattre afin de mieux comprendre le Nord québécois, qu’on le perçoive comme un milieu de vie à consolider, une nature sauvage à préserver ou un gigantesque bassin de ressources à exploiter.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 27 mai 2015

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