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Représentation et identité dans la philosophie morale de Jean-Jacques Rousseau

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Simon Pelletier : Université Laval

Résumé de la communication

Le but de mon exposé serade mener un examen détaillé de la connexion cruciale qui selon Rousseau reliel'identité, ou la façon dont une personne conçoit intimement son moi, et la moralité de la volonté.

Je commencerai parexposer les résultats d'une étude récente sur le rôle de l'imagination chez Rousseau (Rohan Chabot : 2013). J'entends ainsi éclaircir le contexte théorique dans lequel se déploie l'enquête de Rousseau et son projet de réconcilier deux grandes écolesinfluentes au XVIIIe siècle, soit celle des morales égoïstes, dont Hobbes constitue le point de départ, et l'école écossaise du sentiment moral, portée au XVIIIe par Hutcheson.

Je poursuivrai mon exposé en explorantune hypothèse soulevée par l'étude de Rohan Chabot: celle selon laquelle Rousseau aurait réservé au pouvoir qu'il attribue à l'imagination de faire d'une chose lareprésentation d'une autreun rôle absolument indispensable pour que des sentiments moraux puissentexister dans le cœur de l'homme.

Je continuerai dans un troisième temps en comparant deux types d'éducation morale chez Rousseau :l'éducation d'un homme libre, élevé dans l'indépendance (Émile), et l'éducation civique. Je montrerai que dans chacune, Rousseau a accordé une attention particulière à la constitution graduelle de l'identité et à la façon on organise le regard sur soi de telle manière que le regard sur l'autre puisse occasionner une identificationde cet autre à soi.

Résumé du colloque

L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.

Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.

Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.

Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 27 mai 2015

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