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Denis Jeffrey : Université Laval
Dans nombre de sociétés anciennes, les rites d'initiation visent à sortir les jeunes garçons du monde des femmes – de la nature – pour les faire entrer dans la culture. Les jeunes garçons subissent des épreuves physiques et morales pour montrer qu'ils possèdent les qualités d'un adulte accompli. Les altérations corporelles – scarifications, circoncision, etc. – concourent à expulser leur part féminine. Ces marquages les obligent à se voir autrement. Les rites de passage à l'âge adulte traditionnels sont disparus. Les jeunes garçons sont laissés à eux-mêmes pour explorer les grands mystères de la vie, de la mort et de la sexualité, pour devenir des hommes accomplis, c'est-à-dire capables de maturité, d'autonomie et de responsabilité. Le système scolaire pourrait constituer un espace de transition où les jeunes garçons apprennent à devenir adultes. Pour plusieurs d'entre eux, d'origine modeste, l'école, la curiosité intellectuelle ainsi que plusieurs matières scolaires sont liées à des valeurs féminines. Ils ritualisent leur appartenance au masculin en s'opposant au monde scolaire. Pour eux, réussir à l'école, c'est faire preuve de peu de virilité. Comment alors les amener vers la réussite scolaire ? Comment les amener dans des savoirs scolaires pour eux source d'émancipation et d'autonomisation ? Comment les amener à se constituer comme sujet de soi plutôt que sujet des stéréotypes machistes ?
Si la motivation joue un rôle essentiel et bien compréhensible dans l’intérêt que porte l’apprenant à ses tâches, le rôle de la régulation, fondamentale dans les apprentissages, fait l’objet de moins d’attention. Pourtant, des liens semblent exister entre motivation, persévérance, autorégulation et autonomie, tels qu’ils sont révélés par les préférences d’apprentissage des apprenants (Biggs, 1978; Vermunt, 1998). De même, l’autonomie de l’apprenant semble liée à la persévérance et dépendre largement de la capacité à développer une motivation tout autant qu’une préférence pour l’apprentissage autorégulé (Boekaerts, 2002; Cosnefroy, 2011; Rozendaal, Minnaert et Boekaerts, 2005).
L’autorégulation de l’apprentissage ou la motivation de l’apprenant semblent présentes auprès du jeune enfant. Toutefois, après quelques années de scolarité, nous constatons une baisse importante de motivation et d’autorégulation, voire une perte d’autonomie chez de nombreux élèves. Cette baisse s’accentue encore après quelques années de secondaire et semble liée à un décrochage (Helle, Laakkonen, Tuijula et Vermunt, 2013). Il semblerait donc que certains facteurs inhérents aux dispositifs actuels puissent agir contre une autonomie et une persévérance jugées essentielles par ailleurs. Néanmoins, il reste possible d’intervenir pour augmenter l’autorégulation de l’apprenant et les préférences d’apprentissage en général (Carneiro, Lefrere, Steffens et Underwood, 2011; De Corte, Verschaffel, Entwistle et van Merriënboer, 2003; Vaunas et al., 2013).
Ce colloque se veut une occasion de croiser les regards spécialisés qui existent actuellement sur la persévérance, la motivation, l’autorégulation et l’autonomie de l’apprenant, ainsi que sur les possibilités d’intervention qui existent dans ce champ essentiel à la réussite des études.
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