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Rites religieux ou rites sociaux? Notes de recherche sur l'imaginaire religieux des jeunes

JP

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Jean-Philippe PERREAULT : Université Laval

Résumé de la communication

L'étude des rites contemporains, notamment chez les jeunes, tend à distinguer les rites « religieux » des rites « sociaux » ou « séculiers ». Cette catégorisation semble le corollaire logique de la sécularisation qui force à penser le religieux comme une dimension particulière – voire isolée – de l'activité humaine. Tributaires de cette déliaison de la culture commune et de la religion, non seulement l'objet religieux et rituel est-il ainsi construit par les chercheurs, mais les jeunes eux-mêmes interprètent leur expérience à l'aune de cette polarisation entre ce qui relèverait de la « pure religion » et ce qui relèverait du social. Comment une telle perspective pourrait mener à d'autres constats que ceux de la fragmentation et de la dérégulation de la société et de la culture? Le sujet s'y trouve-t-il condamné à vivre écartelé entre l'une et l'autre dimension de son existence? L'idée même de société est-elle encore possible dans cette atomisation? Pourtant, les sociétés d'aujourd'hui comme celles d'hier dépendent d'un imaginaire collectif unificateur dont les rites font fonction de régulation. Ne sommes-nous pas conviés alors à penser le rite et le religieux au-delà de ces catégorisations? En prenant appui sur l'étude de l'imaginaire religieux de jeunes Québécois, la présente communication entend proposer quelques notes de recherche sur ces questions.

Résumé du colloque

Le rite est autant une action qu’une catégorie, un fait qu’une perspective, une expression qu’une expérience. Paradoxalement, les « pratiquants » des actions rituelles semblent être les derniers à s’y référer en tant que catégorie, alors que les chercheurs du social et du religieux souvent n’y participent pas et, surtout, n’y croient pas. Dans ce colloque, nous posons la question des nouveaux sentiers qui s’ouvrent aux études rituelles. Nous voulons dépasser le décalage entre la facticité de l’action et sa signification, ainsi que la distance entre la naïveté des acteurs rituels et les questionnements critiques des chercheurs. Deux sortes de sentiers s’ouvrent devant nous : les sentiers esthétiques et les sentiers socioculturels.

L’expérience esthétique est semblable à celle du rite. Historiquement, l’expérience esthétique a dû s’émanciper de l’expérience rituelle religieuse pour conquérir son autonomie. Le « divin » rituel semble dès lors ne pas pouvoir se concilier avec le « sublime » artistique. Cependant, ils se confondent souvent, tant du point de vue des sujets religieux que des artistes et même aussi du point de vue de l’action elle-même, quand le sujet religieux a recours aux arts dans ses liturgies ou quand l’artiste s’applique avec dévotion à l’acte créateur.

En ce qui concerne les sentiers socioculturels, la nouveauté se rencontre dans le rite lui-même, en tant que perspective à partir de laquelle envisager le social et le culturel. Ici, il faut être clair : il ne s’agit pas d’étudier le rite en fonction de la société et de la culture, mais d’étudier la société et la culture « dans » le rite.

Les sentiers esthétiques rejoignent les sentiers sociaux et culturels dans la proposition d’une plus grande attention à la performativité rituelle. Les sentiers socioculturels influent sur les sentiers esthétiques en exposant l’importance du contexte, au-delà de la simple extériorisation de la subjectivité. Ainsi, les nouveaux sentiers ouverts aux études rituelles sont concordants, autant en ce qui touche l’expérience rituelle que l’expérience humaine par elle proportionnée. Ils sont « perspectivistes » non seulement parce qu’ils ont recours à plusieurs points de vue pour observer et analyser les rites, mais aussi parce qu’ils envisagent la pluralité des dimensions qui les caractérise et se laissent guider par elle dans l’enquête de cette étrange sorte de « déterminisme » esthétique qui nous fait reconnaître le bon, le beau et le vrai.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 27 mai 2015

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