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S'anordir de la tête aux pieds : l'exemple des Néo-Nordistes de la Minganie de l'Est

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Laurie Guimond : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

L'éloignement géographique des milieux nordiques est souvent présenté comme étant une contrainte à l'attraction de nouveaux résidents. À cela s'ajoutent des conditions climatiques difficiles, une faible densité, une économie fragile et des lacunes sur le plan des services qui posent des défis au renouvellement de la population. Dans le cadre de cette communication, nous voulons démontrer que la condition nordique peut agir comme facteur d'attraction et de rétention chez certains migrants. Au-delà d'intérêts liés à l'emploi, une panoplie de raisons justifie la migration et la rétention des nouveaux résidents, dont le mode d'habiter particulier de la nordicité. Cette communication s'intéresse à l'expérience des individus qui ont choisi de s'établir dans le Moyen-Nord québécois, plus particulièrement dans l'est de la Minganie. Elle vise à explorer les rapports de ces Néo-Nordistes au territoire qu'ils habitent, aux populations locales allochtones et autochtones avec qui ils cohabitent et à l'éloignement qui les habite au quotidien. Un examen de leurs représentations du milieu, de leurs pratiques de sociabilité ainsi que de leur sentiment d'appartenance permet de mieux comprendre leurs rapports à la nordicité. En s'appuyant sur 26 entrevues qualitatives réaliséesauprès de nouveaux résidents, les résultats démontrent que leur désir de nordicité, d'éloignement et d'exotisme est au cœur de leurs décisions. Notre étude démontre qu'en dépit des contraintes, les nouveaux résidents s'anordissent

Résumé du colloque

Bien que difficile à délimiter précisément, le Nord québécois est un immense territoire qui couvre plus des deux-tiers de la superficie de la province. Très peu peuplé et largement méconnu, ce milieu physique et humain contient des paysages, des ressources et des écosystèmes uniques, accueillant à la fois des cultures ancestrales et de nouvelles populations. Que l’on soit enthousiaste ou sceptique face au Plan Nord du gouvernement québécois, il n’en demeure pas moins que cette politique de développement a mis en branle un renouveau d’intérêt à l'égard de ce milieu géographique singulier.

Mais doit-on d’emblée parler d’un milieu ou des milieux géographiques de l’espace nordique péninsulaire? En effet, l’existence de la région administrative du Nord-du-Québec cache une réalité régionale des plus diversifiées incluant les territoires du Moyen-Nord. Ainsi, il y a de grandes différences entre l’Eeyou Istchee-Jamésie, le Nunavik et les corridors miniers de la Côte-Nord. Cette complexité régionale ne doit pas faire oublier les enjeux communs tels que l’isolement, les problèmes de transport et les services publics limités. Le Nord québécois, c’est aussi un milieu social où les autochtones (Inuit, Cris, Innus et Naskapis) sont très présents, voire majoritaires au sein de plusieurs collectivités.

Plusieurs défis se présentent dans le Nord québécois : des défis « géotechniques » liés à la construction et au maintien d’infrastructures en milieu soumis au pergélisol et aux changements climatiques, des défis environnementaux associés aux grands barrages ou aux exploitations minières, et des défis socioéconomiques se répercutant sur l’emploi et le bien-être au sein des collectivités. Dans ce contexte, plusieurs phénomènes restent à expliquer et de nombreuses questions sont à débattre afin de mieux comprendre le Nord québécois, qu’on le perçoive comme un milieu de vie à consolider, une nature sauvage à préserver ou un gigantesque bassin de ressources à exploiter.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 27 mai 2015

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