pen icon Colloque
quote

Un corps pour danser Dieu

ML

Membre a labase

Mario Michel Leblond : Université Laval

Résumé de la communication

Notre communication porte sur les enjeux et les possibilités de la ritualisation religieuse à travers la danse. Nous développerons les aspects suivants :

Présentation des capacités symboliques (parenté avec le mode de communication rituel) de la danse;

Considération du langage non verbal du mouvement versus la communication verbale (qualités respectives de ces deux modes et leurs possibilités de conjugaison);

Importance de l'utilisation d'un tel mode d'expression : unification des composantes intellectuelles et émotives; mise en relation avec soi, avec autrui et avec Dieu; pouvoir de communication et de communion; caractère universel de ce langage;

Critères : garantir une expérience rituelle (religieuse) authentique et vivante; enclencher la joie, créer de la beauté; stimuler la participation active et consciente;

Prérequis obligatoires pour inclure la danse dans le rite : contrecarrer la méfiance du corps; compréhension et acceptation de toutes les composantes de la nature humaine un tout; développement de formateurs qualifiés;

Défis d'une telle intégration : ouverture d'esprit et changement de mentalité; compétence des formateurs et établissement d'un plan d'intervention réaliste.

Résumé du colloque

Le rite est autant une action qu’une catégorie, un fait qu’une perspective, une expression qu’une expérience. Paradoxalement, les « pratiquants » des actions rituelles semblent être les derniers à s’y référer en tant que catégorie, alors que les chercheurs du social et du religieux souvent n’y participent pas et, surtout, n’y croient pas. Dans ce colloque, nous posons la question des nouveaux sentiers qui s’ouvrent aux études rituelles. Nous voulons dépasser le décalage entre la facticité de l’action et sa signification, ainsi que la distance entre la naïveté des acteurs rituels et les questionnements critiques des chercheurs. Deux sortes de sentiers s’ouvrent devant nous : les sentiers esthétiques et les sentiers socioculturels.

L’expérience esthétique est semblable à celle du rite. Historiquement, l’expérience esthétique a dû s’émanciper de l’expérience rituelle religieuse pour conquérir son autonomie. Le « divin » rituel semble dès lors ne pas pouvoir se concilier avec le « sublime » artistique. Cependant, ils se confondent souvent, tant du point de vue des sujets religieux que des artistes et même aussi du point de vue de l’action elle-même, quand le sujet religieux a recours aux arts dans ses liturgies ou quand l’artiste s’applique avec dévotion à l’acte créateur.

En ce qui concerne les sentiers socioculturels, la nouveauté se rencontre dans le rite lui-même, en tant que perspective à partir de laquelle envisager le social et le culturel. Ici, il faut être clair : il ne s’agit pas d’étudier le rite en fonction de la société et de la culture, mais d’étudier la société et la culture « dans » le rite.

Les sentiers esthétiques rejoignent les sentiers sociaux et culturels dans la proposition d’une plus grande attention à la performativité rituelle. Les sentiers socioculturels influent sur les sentiers esthétiques en exposant l’importance du contexte, au-delà de la simple extériorisation de la subjectivité. Ainsi, les nouveaux sentiers ouverts aux études rituelles sont concordants, autant en ce qui touche l’expérience rituelle que l’expérience humaine par elle proportionnée. Ils sont « perspectivistes » non seulement parce qu’ils ont recours à plusieurs points de vue pour observer et analyser les rites, mais aussi parce qu’ils envisagent la pluralité des dimensions qui les caractérise et se laissent guider par elle dans l’enquête de cette étrange sorte de « déterminisme » esthétique qui nous fait reconnaître le bon, le beau et le vrai.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 27 mai 2015

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :