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Un rite chrétien au service du « pèlerin » postmoderne?

GM

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Gilles Marcouiller : Université Laval

Résumé de la communication

Les grandes transformations des sociétés actuelles n'ont pas donné lieu à la déritualisation anticipée. Accompagnant la quête de sens du sujet postmoderne, les rites se reconstruisent plutôt au rythme des besoins. L'engouement pour les pèlerinages est de ceux-là. Il appert que si le choix de doter son monde de rites revient dorénavant à l'individu, les référents culturels religieux collectifs jouent encore un rôle important. Ces phénomènes de transformation et de création de rituels contemporains sont intéressants puisqu'ils révèlent l'aspiration à quelque chose de plus vaste que soi, au « sacré », au « divin ». Investi de l'image du pèlerin, figure typique du religieux en mouvement (Danièle Hervieu-Léger), l'individu est en mouvance. Que cherchent ces pèlerins? Quels sont les éléments importants qui composent ce rituel? En quoi ces éléments sont-ils en lien avec d'autres rituels? Dans une posture postmoderne, l'Église pourrait-elle mettre son savoir-faire rituel au service de ces nouveaux pèlerins? La richesse de son patrimoine religieux pourrait-elle servir à alimenter les besoins de ces pèlerins? Cette communication pose un regard sur les différentes composantes des pèlerinages qui en font un rituel de plus en plus populaire dans le but d'esquisser une proposition au service du pèlerin moderne, celle de construire des évènements liturgiques qui puissent le ressourcer dans sa quête de sacralisation.

Résumé du colloque

Le rite est autant une action qu’une catégorie, un fait qu’une perspective, une expression qu’une expérience. Paradoxalement, les « pratiquants » des actions rituelles semblent être les derniers à s’y référer en tant que catégorie, alors que les chercheurs du social et du religieux souvent n’y participent pas et, surtout, n’y croient pas. Dans ce colloque, nous posons la question des nouveaux sentiers qui s’ouvrent aux études rituelles. Nous voulons dépasser le décalage entre la facticité de l’action et sa signification, ainsi que la distance entre la naïveté des acteurs rituels et les questionnements critiques des chercheurs. Deux sortes de sentiers s’ouvrent devant nous : les sentiers esthétiques et les sentiers socioculturels.

L’expérience esthétique est semblable à celle du rite. Historiquement, l’expérience esthétique a dû s’émanciper de l’expérience rituelle religieuse pour conquérir son autonomie. Le « divin » rituel semble dès lors ne pas pouvoir se concilier avec le « sublime » artistique. Cependant, ils se confondent souvent, tant du point de vue des sujets religieux que des artistes et même aussi du point de vue de l’action elle-même, quand le sujet religieux a recours aux arts dans ses liturgies ou quand l’artiste s’applique avec dévotion à l’acte créateur.

En ce qui concerne les sentiers socioculturels, la nouveauté se rencontre dans le rite lui-même, en tant que perspective à partir de laquelle envisager le social et le culturel. Ici, il faut être clair : il ne s’agit pas d’étudier le rite en fonction de la société et de la culture, mais d’étudier la société et la culture « dans » le rite.

Les sentiers esthétiques rejoignent les sentiers sociaux et culturels dans la proposition d’une plus grande attention à la performativité rituelle. Les sentiers socioculturels influent sur les sentiers esthétiques en exposant l’importance du contexte, au-delà de la simple extériorisation de la subjectivité. Ainsi, les nouveaux sentiers ouverts aux études rituelles sont concordants, autant en ce qui touche l’expérience rituelle que l’expérience humaine par elle proportionnée. Ils sont « perspectivistes » non seulement parce qu’ils ont recours à plusieurs points de vue pour observer et analyser les rites, mais aussi parce qu’ils envisagent la pluralité des dimensions qui les caractérise et se laissent guider par elle dans l’enquête de cette étrange sorte de « déterminisme » esthétique qui nous fait reconnaître le bon, le beau et le vrai.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 27 mai 2015

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