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Utiliser le travail citoyen pour combattre le crime? Réflexion sur les enjeux éthiques du crowdsourced policing

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David Myles : INRS - Institut national de la recherche scientifique

Résumé de la communication

À la suite des attentats de Boston en 2013, des chercheurs ont affirmé que les renseignements issus de contributions citoyennes effectuées «via l'usage d'outils de recherche, d'analyse et de communication» pourraient être utilisés advenant un meilleur contrôle de leur production (Marx, 2013: 60). Ce contrôle pourrait notamment être assuré grâce à l'implantation de groupes de travail en ligne ponctuels réglementés par l'État (Brabham, 2013). Le domaine de la sécurité publique connaît une hausse d'initiatives menées par des acteurs non-étatiques (Zedner, 2006), dont le crowdsourced policing qui réfère à l'usage du travail de citoyens par des institutions publiques ou privées de sécurité afin de résoudre des enquêtes criminelles (Schneider et Trottier, 2012). Si la contribution citoyenne au domaine scientifique a été étudiée sous diverses appellations, dont «sciences participatives», «sciences citoyennes» (Irwin, 1995) et crowdsourced science (Swan, 2012), peu d'études se sont cependant intéressées à la contribution citoyenne au domaine du policing, défini comme l'ensemble des processus par lesquels une société «désigne et autorise certains individus à générer de la sécurité publique» (Bayley et Shearing, 1996: 586). Cette présentation vise à souligner les enjeux éthiques générés par le crowdsourced policing, à réfléchir aux positions que l'État devrait adopter face à son émergence et à débattre du caractère public de la gestion de la sécurité.

Résumé du colloque

Dans la réflexion éthique en science et en technologie, les enjeux liés au domaine de la santé ont souvent été mis à l’avant-scène. Le champ de l’éthique en science et en technologie dépasse néanmoins considérablement celui de l’éthique médicale et de la bioéthique classique. Dès 1979, notamment, le philosophe allemand Hans Jonas rappelait dans son livre Le principe responsabilité que la vulnérabilité humaine s’étend bien au-delà du domaine de la santé, surtout depuis que les moyens scientifiques et technologiques donnent à l’humain la possibilité de détruire ses propres conditions de vie sur la Terre.

La Commission de l’éthique en science et en technologie* (CEST) sollicite la collaboration des chercheurs et des étudiants pour identifier les futures avancées technologiques et les percées scientifiques qui exigeront qu’elle porte un regard critique sur leur développement et leurs applications, ainsi que sur les enjeux qui en découleront pour la société. Plus spécifiquement, le colloque vise à :

– Faire le point sur l’état de la réflexion éthique en science et en technologie, les grands enjeux qui la traversent et la position à partir de laquelle nous pouvons envisager l’avenir de ce champ de recherche et d’intervention;
– Développer une réflexion multidisciplinaire sur les avancées scientifiques et les nouvelles technologies susceptibles de soulever des enjeux éthiques dans un avenir rapproché;
– Attirer l’attention sur des sujets peu explorés en éthique mais néanmoins importants;
– Assurer un partage d’information et d’expertise sur ces enjeux et ainsi encourager de futures collaborations pour y faire face;
– Alimenter la veille éthique de la CEST : les sujets discutés pourraient éventuellement être abordés dans les travaux de la CEST et les conférenciers pourraient être sollicités à titre d’experts dans ces travaux.

* La Commission de l'éthique en science et en technologie est un organisme du gouvernement du Québec dont la mission est de développer une réflexion ouverte, pluraliste et permanente sur les enjeux éthiques associés à l’activité scientifique et technologique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 27 mai 2015

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