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Isabelle LECOIN : UQO - Université du Québec en Outaouais
Notre propos s'inscrit dans le paradigme de l'autoformation éducative (Albero, 2000) pour les langues secondes (L2) en contexte médiatisé. Entre médiatisation et autonomisation, quelle ingénierie pour faciliter le développement progressif de l'autonomie de l'apprenant ? Quels rôles et fonctions pour le professeur de L2 ? Quels sont les facteurs de résistance à une plus grande autonomie du sujet apprenant ? Et les adjuvants ? Ces questions ont guidé une expertise professionnelle en enseignement/apprentissage de la L2, et ont été les points de départ d'une problématique doctorale en éducation. L'objectif de cette communication est de présenter un retour d'expériences professionnelles et académiques afin de pointer certains éléments théoriques et pragmatiques d'un dispositif de formation à visée autonomisante (Poisson, 2010), et donner des pistes de réflexion aux questions posées. Pour ce faire, un survol des connaissances actuelles permettra de camper le sens accordé aux concepts de l'autonomie de l'apprenant en L2 et de l'ingénierie en autoformation éducative (Holec, 1979; Poisson, 2010). À partir de ce réseau conceptuel, un dispositif de formation sera proposé dans le but d'exemplifier des pratiques d'accompagnement pour instrumenter l'autonomie de l'apprenant (Barbot, 2006). En ce sens, cette communication s'inscrit également dans une perspective de didactique professionnelle (Pastré, 2002) sous l'angle de l'analyse des pratiques professionnelles.
Si la motivation joue un rôle essentiel et bien compréhensible dans l’intérêt que porte l’apprenant à ses tâches, le rôle de la régulation, fondamentale dans les apprentissages, fait l’objet de moins d’attention. Pourtant, des liens semblent exister entre motivation, persévérance, autorégulation et autonomie, tels qu’ils sont révélés par les préférences d’apprentissage des apprenants (Biggs, 1978; Vermunt, 1998). De même, l’autonomie de l’apprenant semble liée à la persévérance et dépendre largement de la capacité à développer une motivation tout autant qu’une préférence pour l’apprentissage autorégulé (Boekaerts, 2002; Cosnefroy, 2011; Rozendaal, Minnaert et Boekaerts, 2005).
L’autorégulation de l’apprentissage ou la motivation de l’apprenant semblent présentes auprès du jeune enfant. Toutefois, après quelques années de scolarité, nous constatons une baisse importante de motivation et d’autorégulation, voire une perte d’autonomie chez de nombreux élèves. Cette baisse s’accentue encore après quelques années de secondaire et semble liée à un décrochage (Helle, Laakkonen, Tuijula et Vermunt, 2013). Il semblerait donc que certains facteurs inhérents aux dispositifs actuels puissent agir contre une autonomie et une persévérance jugées essentielles par ailleurs. Néanmoins, il reste possible d’intervenir pour augmenter l’autorégulation de l’apprenant et les préférences d’apprentissage en général (Carneiro, Lefrere, Steffens et Underwood, 2011; De Corte, Verschaffel, Entwistle et van Merriënboer, 2003; Vaunas et al., 2013).
Ce colloque se veut une occasion de croiser les regards spécialisés qui existent actuellement sur la persévérance, la motivation, l’autorégulation et l’autonomie de l’apprenant, ainsi que sur les possibilités d’intervention qui existent dans ce champ essentiel à la réussite des études.
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