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Nicolas Comtois : Université de Montréal
La définition de la morale de Descartes est un problème récurrent des études cartésiennes. Doit-on la trouver dans la morale par provision du Discours de la méthode, dans les lettres à Élizabeth ou encore dans les Passions de l'âme ? Cet exposé a pour but d'envisager la question à nouveaux frais,grâce à la notion d'orthopraxie. Une perspective nouvelle s'ouvre en effet dès lors que l'on envisage les liens qui unissent la pensée de Descartes au renouveaureligieux de son époque. Plutôt que d'insister sur la fidélité au dogme (orthodoxie), des directeurs spirituels tels que François de Sales ou Bérulle ontorienté la vie religieuse vers une forme de discipline intérieure : des exercices d'introspection devaient permettre de régler les mouvements de l'âme de manière à unir la volonté du dévot à celle de Dieu. On retrouve une orthopraxie, ainsi définie comme une régulation ordonnée des actions de l'esprit, dans la forme que prend chez Descartes la recherche de la vérité : dans la méthode d'abord, puis dans l'usage qui en est fait pour considérer les choses métaphysiques, dont le résultat est même une forme de conversion. Lorsque l'on examine ensuite les considérations explicites de Descartes sur la morale, l'énoncé qu'il en fait dans sa correspondance, selon lequel la vertu est « d'avoir une volonté ferme et constante d'exécuter tout ce que nous jugerons être le meilleur, et d'employer toutes la force de notre entendement à en bien juger » , doit retenir notre attention.
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.
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