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Contrairement à ce qui s'est produit au Québec depuis les années 1970, l'Ontario s'est très peu intéressé à son « Grand Nord », tout comme le gouvernement fédéral qui est le premier responsable en matière d'affaires autochtones. Le territoire est donc resté sous-développé, sous-équipé et très isolé, avec des communautés autochtones reconnues comme étant les plus pauvres du pays (le « tiers-monde au Canada »). Cependant, la situation évolue depuis le milieu des années 2000 alors qu'une mine de diamants entrait en production et que d'importants gisements miniers étaient confirmés dans la région du Cercle de Feu (Ring of Fire). Mais la mise en exploitation de ces ressources n'est pas simple car la région ne possède pas d'infrastructures adéquates (transport et énergie) et que la réalisation des nouveaux projets miniers devra se faire en maximisant les bénéfices pour les communautés de la région. C'est dans ce contexte que le gouvernement ontarien a adopté la Loi de 2010 sur le Grand Nord, un territoire qui couvre 42 % de la province et qui inclut notamment 31 communautés des Premières Nations. La loi prévoit l'élaboration d'une stratégie d'aménagement du Grand Nord (initialement prévue pour l'hiver 2015). Mais de nombreuses questions restent soulevées, entre autres en ce qui concerne de nouvelles « dépossessions territoriales » subies par les Premières Nations, les conditions de vie des Autochtones et les questions environnementales (projets miniers et changements climatiques).
Bien que difficile à délimiter précisément, le Nord québécois est un immense territoire qui couvre plus des deux-tiers de la superficie de la province. Très peu peuplé et largement méconnu, ce milieu physique et humain contient des paysages, des ressources et des écosystèmes uniques, accueillant à la fois des cultures ancestrales et de nouvelles populations. Que l’on soit enthousiaste ou sceptique face au Plan Nord du gouvernement québécois, il n’en demeure pas moins que cette politique de développement a mis en branle un renouveau d’intérêt à l'égard de ce milieu géographique singulier.
Mais doit-on d’emblée parler d’un milieu ou des milieux géographiques de l’espace nordique péninsulaire? En effet, l’existence de la région administrative du Nord-du-Québec cache une réalité régionale des plus diversifiées incluant les territoires du Moyen-Nord. Ainsi, il y a de grandes différences entre l’Eeyou Istchee-Jamésie, le Nunavik et les corridors miniers de la Côte-Nord. Cette complexité régionale ne doit pas faire oublier les enjeux communs tels que l’isolement, les problèmes de transport et les services publics limités. Le Nord québécois, c’est aussi un milieu social où les autochtones (Inuit, Cris, Innus et Naskapis) sont très présents, voire majoritaires au sein de plusieurs collectivités.
Plusieurs défis se présentent dans le Nord québécois : des défis « géotechniques » liés à la construction et au maintien d’infrastructures en milieu soumis au pergélisol et aux changements climatiques, des défis environnementaux associés aux grands barrages ou aux exploitations minières, et des défis socioéconomiques se répercutant sur l’emploi et le bien-être au sein des collectivités. Dans ce contexte, plusieurs phénomènes restent à expliquer et de nombreuses questions sont à débattre afin de mieux comprendre le Nord québécois, qu’on le perçoive comme un milieu de vie à consolider, une nature sauvage à préserver ou un gigantesque bassin de ressources à exploiter.