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Ampleur poétique en langue des signes québécoise?

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Sophie Beauchamp : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

« La poésie, on ne sait pas ce que c'est, mais on la reconnaît quand on la rencontre ». Cette citation de Jean L'Anselme nous porte à réfléchir sur les caractéristiques de la poésie qui permettent de la reconnaitre comme telle. Elle est décrite en langue des signes (LS) comme étant ample et fluide (Klima et Bellugi, 1979; Ormsby, 1995, Blondel, 2000). D'autre part, des critères permettant de distinguer une séquence poétique d'une autre non poétique en LS ont été exposés (Blondel, 2000). Étonnement, si la fluidité apparait parmi ces critères, l'ampleur des mouvements ne s'y trouve pas. Ceci reflète bien l'état de la recherche concernant la poésie en LS : quoique ce phénomène « d'excès des frontières spatiales conventionnelles » (Chateauvert, 2014) ait été perçu pour certaines LS, les recherches à ce sujet se font rares. En émettant l'hypothèse que les mouvements produits par un Sourd signeur LSQ varieront selon qu'ils sont articulés en contexte poétique ou conversationnel, nous mesurerons quantitativement ces variations en analysant les mouvements du signeur qui auront été captés grâce au logiciel CORTEX. Un triangle virtuel composé des sommets MAIN GAUCHE, MAIN DROITE et STERNUM nous permettra de calculer une aire symbolisant la surface occupée par les articulateurs, et d'ainsi comparer les aires de chacun des discours. Nous rendons compte ici de marqueurs prosodiques susceptibles d'affecter la perception de la poésie.

Résumé du colloque

Le mouvement social sourd a mobilisé une affirmation positive née de la conviction que les personnes sourdes expérimentent le monde différemment des personnes entendantes (Padden & Humphries, 1988). En réponse à une vision médicale situant la perte auditive comme une déficience, il met de l’avant une appartenance socioculturelle ayant comme pivot l’identité sourde et les langues des signes (Bauman & Murray, 2014).

L’objectif de ce colloque est d’offrir aux chercheurs et étudiants évoluant dans un cadre lié aux études sourdes francophones une plateforme d’échange sur leurs intérêts de recherche en regard de leurs différentes méthodologies, approches et postures épistémologiques. La majorité des travaux en études sourdes étant actuellement publiés en anglais, et concernant principalement les réalités états-uniennes et britanniques (Foster, 2007), nous proposons une mise en commun des savoirs et des enjeux propres aux pays et communautés francophones, que ce soit au Québec, en France ou ailleurs.

C’est dans une perspective d’échange que nous rassemblons des chercheurs et des étudiants de divers domaines (anthropologie, communication, ergothérapie, études urbaines, éducation, linguistique, psychologie, sociologie, etc.), d’universités québécoises, françaises, canadiennes, américaine et britannique, pour construire un dialogue sur les thématiques de recherche et les enjeux émergents actuels, dont :
– la promotion des droits des sourds et l’accès aux services;
– l’intégration et l’inclusion en milieux scolaire et professionnel;
– les types d’expressions linguistiques en langue des signes;
– l’enseignement et la structure de la langue des signes;
– l’art et la création en langue des signes;
– les appartenances et les expériences sourdes.

Les 29 présentations retenues par arbitrage par les pairs seront regroupées pour ce colloque en sept séances, dont six tables rondes et une session d’affiches. Une dernière table ronde sera proposée à la fin du colloque par les chercheurs sourds du colloque afin de débattre des enjeux liés à la participation sociale des chercheurs sourds, une fois les études terminées.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 28 mai 2015

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