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Karl Szymoniak : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les enseignants sourds considèrent les comportements non manuels (CNM) comme importants dans la structure de la langue, pourtant ils sont peu présents dans les manuels (IRD, 2007). les mouvements du tronc sont largement décrits dans la littérature des LS (Brentari, 2011; Liddell, 1980; Pfau & Quer, 2010) et jouent un rôle à tous les niveaux de la langue notamment : prosodique (Brentari, 1998), sémantique (Wilbur & Patschke, 1998), syntaxique (Neidle & al., 2000). Toutefois, la littérature ne permet pas de généraliser sur leur forme, leur fonction ou leur sens. Malgré l'identification de trois formes (rotation, inclinaison avant/arrière, inclinaison latérale), il n'y a pas d'accord sur leur caractère discriminant. En suivant la proposition de Parisot (2003) pour la LSQ, soit que ces trois formes sont en distribution complémentaire, je propose une analyse phonétique de la perception de ces trois positions du tronc. Pour cela, j'ai demandé à trois groupes (signeurs sourds, signeurs entendants et nonsigneurs entendants) de décrire des mouvements d'un signeur sourd. Ces derniers sont présentés : en et hors contexte, seuls ou combinés, de durée et d'amplitude variables. Le début de l'analyse montre que la rotation semble mieux perçue surtout lorsqu'elle est combinée avec une inclinaison avant. Mes résultats permettront de préciser les éléments de forme des positions du tronc ayant une valeur linguistique et en permettre une meilleure formalisation pour l'enseignement.
Le mouvement social sourd a mobilisé une affirmation positive née de la conviction que les personnes sourdes expérimentent le monde différemment des personnes entendantes (Padden & Humphries, 1988). En réponse à une vision médicale situant la perte auditive comme une déficience, il met de l’avant une appartenance socioculturelle ayant comme pivot l’identité sourde et les langues des signes (Bauman & Murray, 2014).
L’objectif de ce colloque est d’offrir aux chercheurs et étudiants évoluant dans un cadre lié aux études sourdes francophones une plateforme d’échange sur leurs intérêts de recherche en regard de leurs différentes méthodologies, approches et postures épistémologiques. La majorité des travaux en études sourdes étant actuellement publiés en anglais, et concernant principalement les réalités états-uniennes et britanniques (Foster, 2007), nous proposons une mise en commun des savoirs et des enjeux propres aux pays et communautés francophones, que ce soit au Québec, en France ou ailleurs.
C’est dans une perspective d’échange que nous rassemblons des chercheurs et des étudiants de divers domaines (anthropologie, communication, ergothérapie, études urbaines, éducation, linguistique, psychologie, sociologie, etc.), d’universités québécoises, françaises, canadiennes, américaine et britannique, pour construire un dialogue sur les thématiques de recherche et les enjeux émergents actuels, dont :
– la promotion des droits des sourds et l’accès aux services;
– l’intégration et l’inclusion en milieux scolaire et professionnel;
– les types d’expressions linguistiques en langue des signes;
– l’enseignement et la structure de la langue des signes;
– l’art et la création en langue des signes;
– les appartenances et les expériences sourdes.
Les 29 présentations retenues par arbitrage par les pairs seront regroupées pour ce colloque en sept séances, dont six tables rondes et une session d’affiches. Une dernière table ronde sera proposée à la fin du colloque par les chercheurs sourds du colloque afin de débattre des enjeux liés à la participation sociale des chercheurs sourds, une fois les études terminées.
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