Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Annabelle PONSIN : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette intersubjectivité sera, tout d'abord, analysée à l'aune des sujets "ethnographes" ( en tant que propre sources de connaissances sociologiques à prendre en compte dans une perspective réflexive (Blondeau, 2002)), puis des sujets 'ethnographiés' (en tant que sujets à la fois "soumis" au regard du sociologue et co-constructeurs du regard sociologique en cours). C'est ainsi dans l'analyse des subjectivités et de leur entrecroisement que nous saisirons la diversité et pluralité des traces et sources de connaissances sociologiques.
Ce présent projet de communication invite à revenir sur les aspects théoriques et méthodologiques de ma démarche afin d'expliciter l'enjeu intersubjectif de mon questionnement ethnographique.
Mon travail questionne en particulier sur les processus de subjectivation des membres des familles, de milieux sociaux diversifiés, face au temps de « l'urgence » (Aubert 2003 et Bouton 2013). Ma démarche empirique repose sur une étude de terrain ethnographique en immersion participante dans laquelle ma propre subjectivité se met à l'épreuve de celle des autres. En amorçant un débat sur la pertinence de la "participation observante" dans la méthode ethnographique, cette communication invite à mettre en relief la richesse de l'intersubjectivité participante dans la collecte de données sociologiques (Favet-Saada 1990). Elle est l'occasion d'entamer une réflexivité méthodologique et épistémologique sur ma posture de sujet socio-ethnologue in situ.
Nous assistons depuis quelques années à la renaissance de l’approche ethnographique en sciences sociales. Outre le nombre de travaux ethnographiques, leur diversité traversant les milieux sociaux (« riches », « pauvres », ruraux, urbains, etc.) est remarquable. La recherche ethnographique s’attache aussi à des groupes sociaux particuliers formés dans diverses configurations sociales (des lieux, des métiers et professions, des sports et des loisirs, des arts, etc.). Le présent colloque invite les chercheurs à communiquer leurs travaux ethnographiques et à se questionner sur leur apport essentiel et original dans notre connaissance du monde contemporain et dans le développement des sciences sociales.
Ce colloque sera aussi l’occasion de susciter une réflexivité théorique et méthodologique qui permettrait de mettre en rapport ces différents observatoires de la vie sociale. Attentives aux traces des activités humaines, à ses traces matérielles, corporelles et symboliques, les ethnographies contemporaines proposent implicitement des théories de la description de la vie sociale. Est-il possible de les expliciter? Serait-ce la base d’un travail comparatif ou de mise en rapport dans des schèmes sociographiques plus larges?
D’un point de vue méthodologique, l’ethnographie se particularise par son recours à l’observation « directe » ou « participante », mais certains considèrent que l’ethnographie procède bien plus d’une multiplicité de traces relatives à une diversité de matériaux, non réductibles à des relations de « co-présence ». Suivant ces débats, qu’est-ce que produire une connaissance ethnographique? Se définit-elle par un usage particulier des matériaux et des méthodes? L’approche ethnographique suscite aujourd’hui un foisonnement de travaux rendant ainsi pertinent les questionnements théoriques, méthodologiques et éthiques tels que le propose ce colloque.
Titre du colloque :
Thème du colloque :