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Michaël Lelievre : UQAM - Université du Québec à Montréal
Selon Giasson (2011), les inférences, comme processus de compréhension grâce à des liens logiques, pragmatiques, explicites ou implicites entre les propositions, sont d'un niveau de littératie élevé, car la compréhension se situe au délà de ce qui est présenté en surface du texte. Étant donné que nos apprenants sourds d'âge préscolaire participent aux activités de «lecture partagée enrichie» (Lefebvre, 2008) pour prévenir les difficultés en lecture et en écriture dans le cadre du programme «Cap sur la prévention», les inférences sont une des composantes qui doivent être explorées et enseignées au préscolaire. Selon les principes de l'approche bilingue LSQ-français (Lelièvre & Dubuisson, 1998; Vercaingne & Dubuisson, 1999; Lelièvre & Lemieux, 2010; Benoit, 2010) que nous utilisons, les inférences sont d'abord explorées et apprises en LSQ, puis en français par des activités de transfert linguistique. Les connaissances acquises des apprenants en lecture de français sont interreliées et comparables à leurs compétences en LSQ, leur langue première. En outre, une conclusion d'une des recherches montre clairement que les apprenants sourds qui utilisent avec fluidité les assignations et les références en LSQ font des inférences réussies en lecture (Dubuisson, Parisot & Vercaigne, 2008). Dans ce même ordre d'idées, nous développons le matériel en LSQ selon le type et le niveau de difficulté des inférences et les processus de développement de la compréhension des inférences.
Le mouvement social sourd a mobilisé une affirmation positive née de la conviction que les personnes sourdes expérimentent le monde différemment des personnes entendantes (Padden & Humphries, 1988). En réponse à une vision médicale situant la perte auditive comme une déficience, il met de l’avant une appartenance socioculturelle ayant comme pivot l’identité sourde et les langues des signes (Bauman & Murray, 2014).
L’objectif de ce colloque est d’offrir aux chercheurs et étudiants évoluant dans un cadre lié aux études sourdes francophones une plateforme d’échange sur leurs intérêts de recherche en regard de leurs différentes méthodologies, approches et postures épistémologiques. La majorité des travaux en études sourdes étant actuellement publiés en anglais, et concernant principalement les réalités états-uniennes et britanniques (Foster, 2007), nous proposons une mise en commun des savoirs et des enjeux propres aux pays et communautés francophones, que ce soit au Québec, en France ou ailleurs.
C’est dans une perspective d’échange que nous rassemblons des chercheurs et des étudiants de divers domaines (anthropologie, communication, ergothérapie, études urbaines, éducation, linguistique, psychologie, sociologie, etc.), d’universités québécoises, françaises, canadiennes, américaine et britannique, pour construire un dialogue sur les thématiques de recherche et les enjeux émergents actuels, dont :
– la promotion des droits des sourds et l’accès aux services;
– l’intégration et l’inclusion en milieux scolaire et professionnel;
– les types d’expressions linguistiques en langue des signes;
– l’enseignement et la structure de la langue des signes;
– l’art et la création en langue des signes;
– les appartenances et les expériences sourdes.
Les 29 présentations retenues par arbitrage par les pairs seront regroupées pour ce colloque en sept séances, dont six tables rondes et une session d’affiches. Une dernière table ronde sera proposée à la fin du colloque par les chercheurs sourds du colloque afin de débattre des enjeux liés à la participation sociale des chercheurs sourds, une fois les études terminées.
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