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Mérièm Moulay : Université Jean-Monnet-Saint-Étienne
Il est difficile d'esquisser une tendance générale et précise de la nature des représentations construites en France des travaux d'artistes originaires du Monde Arabo-Musulman, dans le cadre d'expositions organisées depuis la fin des années 1990. Cependant, et malgré l'oscillation entre un discours qui catégorise et un autre qui tente de dépasser la notion d'identité culturelle, les dernières années se sont vues enrichies par les apports des outils théoriques des études postcoloniales, et une réelle volonté de mise en relation avec les enjeux politiques et socioculturels actuels.
L'analyse comparative des expositions – notamment – J'ai deux amour et Les magiciens de la terre, constituera le premier moment de réflexion de la communication, et permettra ainsi d'appréhender comment et par quels discours les objets « Art Contemporain extra-occidental » et « Art Contemporain Arabe » ont progressivement été esquissés, construits puis dépassés en France, à partir des années 1990.
Grâce à ce dépassement, plusieurs questions seront abordées dans un second temps de réflexion: celle des fonctions actuelles de l'art ; d'une écriture décentrée de l'histoire de l'art, au-delà des notions de frontière et de territoire ; sera enfin abordé l'enjeu de la représentation de l'altérité qui transparait à travers la question philosophique pronominale Je/Tu, et celle ontologique de l'Homme en tant qu'être au monde et aux autres, à la différence des autres.
La proposition du colloque « Arts des mondes / mondes des arts : pluralité des objets, discours et pratiques dans la francophonie » part du constat que l’histoire de l’art et la muséologie restent encore bien souvent cloisonnées dans leurs propres frontières, non seulement théoriques, mais aussi linguistiques et territoriales. Pourtant, une observation des pratiques professionnelles semble indiquer à la fois des porosités et des impasses dans ces champs de recherche. Prenant appui, mais sans toutefois se limiter, sur l’approche sociologique d’Howard Becker et la perspective des Global Art Histories (dont une traduction convenable resterait à discuter), le colloque soulignera la nécessité de considérer non plus des mondes de l’art mais des mondes des arts. Il s’agira donc de rendre compte de l’ouverture des disciplines à de nouvelles aires géographiques et linguistiques, et à de nouvelles formes artistiques. Il paraît ainsi de plus en plus clairement que ces constructions théoriques doivent être interrogées, étudiées, analysées.
En insistant sur l’emploi du pluriel, ce colloque se veut un moment privilégié pour exposer la pluralité des approches et des perspectives, qu’elles soient transversales, interdisciplinaires, historiques, contemporaines ou créatives. De plus, le sous-titre « pluralité des objets, pratiques et discours dans la francophonie », se présente comme une proposition de réflexion triangulaire. Par exemple, comment nos objets, nos pratiques et nos discours s’articulent-ils selon l’angle d’analyse envisagé et la position du chercheur ou de l’artiste?
À ce titre, trois thématiques nous paraissent particulièrement révélatrices de la complexité des interactions envisageables : archive(s) et mémoire(s); espace(s) et temps; théorie(s) et pratique(s). Par leur construction binaire, celles-ci participeront à l’analyse proposée à l’occasion du colloque « Arts des mondes / mondes des arts ».