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Marie-Claude Plourde : UQAM - Université du Québec à Montréal
Lors de cette communication, nous présenterons une réflexion sur les enjeux de l'auto-ethnographie/« At-home ethnography » (Alvesson, 2009) et de l'apport de l'ethnographie aux communications comme étant constitutives des organisations (CCO), issue de notre recherche.
Une organisation est composée d'actants regroupés principalement par un entrelacs d'actions guidées par un objectif commun : l'organisation est la matérialisation de l'action organisée (ou l'organizing de Karl E. Weick) essentiellement par et dans la communication. L'organizing se réalise dans les pratiques quotidiennes des membres de l'organisation, les discours, les symboles et les objets matériels, pendant tout le processus d'actualisation de l'objectif commun.
L'ethnographie organisationnelle est une approche tout à fait appropriée pour observer ces organisations qui, dans une perspective processuelle et constitutive des communications, se construisent et se maintiennent jour après jour. L'ethnographie a pour avantage de rendre compte de l'invisible de ce travaille quotidien de maintenance du tissu qu'est l'organisation, et de la place de la matérialité dans l'organizing.
Quels sont les lieux et les objets de la communication permettant une collaboration interdisciplinaire? Par une observation participante lors d'une charrette architecturale bidisciplinaire, nous avons expérimenté l'émergence d'espaces communicationnels et la création d'artéfacts ayant participé au développement d'un langage interdisciplinaire.
Nous assistons depuis quelques années à la renaissance de l’approche ethnographique en sciences sociales. Outre le nombre de travaux ethnographiques, leur diversité traversant les milieux sociaux (« riches », « pauvres », ruraux, urbains, etc.) est remarquable. La recherche ethnographique s’attache aussi à des groupes sociaux particuliers formés dans diverses configurations sociales (des lieux, des métiers et professions, des sports et des loisirs, des arts, etc.). Le présent colloque invite les chercheurs à communiquer leurs travaux ethnographiques et à se questionner sur leur apport essentiel et original dans notre connaissance du monde contemporain et dans le développement des sciences sociales.
Ce colloque sera aussi l’occasion de susciter une réflexivité théorique et méthodologique qui permettrait de mettre en rapport ces différents observatoires de la vie sociale. Attentives aux traces des activités humaines, à ses traces matérielles, corporelles et symboliques, les ethnographies contemporaines proposent implicitement des théories de la description de la vie sociale. Est-il possible de les expliciter? Serait-ce la base d’un travail comparatif ou de mise en rapport dans des schèmes sociographiques plus larges?
D’un point de vue méthodologique, l’ethnographie se particularise par son recours à l’observation « directe » ou « participante », mais certains considèrent que l’ethnographie procède bien plus d’une multiplicité de traces relatives à une diversité de matériaux, non réductibles à des relations de « co-présence ». Suivant ces débats, qu’est-ce que produire une connaissance ethnographique? Se définit-elle par un usage particulier des matériaux et des méthodes? L’approche ethnographique suscite aujourd’hui un foisonnement de travaux rendant ainsi pertinent les questionnements théoriques, méthodologiques et éthiques tels que le propose ce colloque.
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