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Marie-Ange CROFT : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
L'histoire retient fort peu de choses de François Magloire Derome (1821-1880). D'abord connu pour être un homme de lettres (poète et journaliste), il quitte la capitale en 1857 pour Rimouski, où il se consacre presque exclusivement à sa carrière d'homme de loi (avocat, protonotaire, greffier de la couronne et de la paix). S'il vit éloigné de l'effervescence littéraire qui règne à Québec, Derome n'en demeure pas moins un homme d'une grande érudition, et un lecteur infatigable. À sa mort en 1880, sa bibliothèque contient plus de 1500 volumes, répertoriés dans son inventaire après-décès récemment mis au jour. Cet inventaire et le verbal de vente qui l'accompagne nous permettent d'avoir un portrait complet de la composition de la bibliothèque de Derome, de sa valeur et de sa dispersion. Plus encore, ces documents mettent de l'avant les acheteurs eux-mêmes, laissant émerger peu à peu un cercle restreint de lecteurs et de collectionneurs. C'est ce dernier aspect que nous souhaitons approfondir dans le cadre de notre communication. En nous intéressant à la fois aux acheteurs et aux imprimés qu'ils acquièrent, nous voulons mettre en lumière la manière dont le livre participe à définir les réseaux de sociabilité. L'exemple tout à fait exceptionnel que nous offre Derome nous permettra surtout de mieux comprendre le rapport à l'imprimé dans les comtés ruraux du dernier XIXe siècle.
Du manuscrit à l’imprimé, la notion de patrimoine lettré au Québec revêt plusieurs visages. Elle invite à suivre le parcours d’imprimés arrivés d’Europe, à découvrir des manuscrits inédits ou à plonger dans la vie des habitants du 19e siècle en relisant les journaux de l’époque. Aux 18e et 19e siècles, l’émergence de cette culture lettrée repose sur les réseaux de sociabilité qui sont impliqués dans la production, la diffusion et la réception des écrits. Ce colloque entend questionner la présence et le rôle de ces réseaux dans la constitution du patrimoine lettré au Québec. Quelle place leur est réservée dans les écrits? De quelle manière ces réseaux interviennent-ils dans la production et le commerce de l’imprimé? Quel est leur rôle dans la transmission de la culture lettrée? Ces questions invitent à une approche pluridisciplinaire qui se décline en trois axes.
Le premier, Circulation et transmission du patrimoine lettré, pourra explorer des pistes telles que : la constitution et le fonctionnement des réseaux d’imprimeurs, de libraires ou d’écrivains; le parcours d’une œuvre, voire d’une collection, à partir d’archives ou d’ex-libris; le rôle des réseaux de sociabilité dans la constitution de bibliothèques personnelles, paroissiales, publiques ou institutionnelles; l’émergence de lieux de culture (librairies, instituts littéraires).
Le second axe, intitulé Réseaux de sociabilité comme instance de réception, ouvre la voie à des études sur la critique d’imprimés dans les échanges épistolaires, le rôle des réseaux de sociabilité dans les pratiques de lecture, ou encore les critiques littéraires ou stratégies publicitaires dans les journaux.
Le troisième, intitulé Mise en scène des réseaux de sociabilité dans les écrits, entend explorer les enjeux (sociaux, politiques, fictionnels) qui entourent la transposition des réseaux de sociabilité à l’écrit, ou encore les textes comme outils permettant de reconstituer des réseaux.
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