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De la circulation à l'enrôlement : retours réflexifs sur l'ethnographie d'une mobilisation

AJ

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Adrien Jouan : Université de Montréal

Résumé de la communication

Dans cette communication, on propose un retour réflexif sur une enquête ethnographique en immersion et de longue durée au sein d'un petit collectif militant montréalais. Ce collectif s'est formé en 2012 et a engagé un travail de problématisation et de publicisation du problème de l'accès à l'école pour les enfants sans-papiers au Québec. Le retour réflexif sur cette enquête se fait en deux temps. Dans un premier temps, on se concentre sur une période qui s'étend du moment de « l'entrée sur le terrain » (l'espace des mobilisations pro-sans-papiers à Montréal) jusqu'à la fixation de l'enquêteur dans un collectif en particulier (le « Collectif éducation sans frontières »). La question est ici : comment ce qu'on pourrait qualifier de « navigation » ou de « circulation » de l'enquêteur lors des premiers mois sur le terrain peut a posteriori être constituée comme un révélateur de la structuration du monde social enquêté ? Dans un second temps du retour réflexif, il s'agit de s'intéresser plus précisément aux rôles assignés à l'ethnographe et, suivant le même raisonnement, à ce que ces rôles disent du monde étudié. La question est alors : comment la reconstruction du point de vue des enquêtés sur l'ethnographe peut aider le chercheur à étudier les « significations des membres » (c'est-à-dire le sens donné à l'action par ceux qui y sont engagés) ?

Résumé du colloque

Nous assistons depuis quelques années à la renaissance de l’approche ethnographique en sciences sociales. Outre le nombre de travaux ethnographiques, leur diversité traversant les milieux sociaux (« riches », « pauvres », ruraux, urbains, etc.) est remarquable. La recherche ethnographique s’attache aussi à des groupes sociaux particuliers formés dans diverses configurations sociales (des lieux, des métiers et professions, des sports et des loisirs, des arts, etc.). Le présent colloque invite les chercheurs à communiquer leurs travaux ethnographiques et à se questionner sur leur apport essentiel et original dans notre connaissance du monde contemporain et dans le développement des sciences sociales.

Ce colloque sera aussi l’occasion de susciter une réflexivité théorique et méthodologique qui permettrait de mettre en rapport ces différents observatoires de la vie sociale. Attentives aux traces des activités humaines, à ses traces matérielles, corporelles et symboliques, les ethnographies contemporaines proposent implicitement des théories de la description de la vie sociale. Est-il possible de les expliciter? Serait-ce la base d’un travail comparatif ou de mise en rapport dans des schèmes sociographiques plus larges?

D’un point de vue méthodologique, l’ethnographie se particularise par son recours à l’observation « directe » ou « participante », mais certains considèrent que l’ethnographie procède bien plus d’une multiplicité de traces relatives à une diversité de matériaux, non réductibles à des relations de « co-présence ». Suivant ces débats, qu’est-ce que produire une connaissance ethnographique? Se définit-elle par un usage particulier des matériaux et des méthodes? L’approche ethnographique suscite aujourd’hui un foisonnement de travaux rendant ainsi pertinent les questionnements théoriques, méthodologiques et éthiques tels que le propose ce colloque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 28 mai 2015

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