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De la parole dérobée aux autochtones à l'aura de la pensée eurocentrée

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Otilia Del Carmen Puiggros : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

Les dernières décennies ont vu la centralité de la vision occidentale du monde déconstruite par différents mouvements, le mouvement afro-américain, le féminisme et plus récemment, l'autochtonie. L'objectif de cette contribution est de présenter le courant critique latino-américaine appelé Modernité/Colonialité. Il s'agit d'un courant qui se veut post-occidental, critique des théories postcoloniales et s'inscrivant dans les théories décoloniales. Dans cette perspective, la colonialité du pouvoir s'accompagne d'une colonialité du savoir et d'une colonialité de l'être. Bien que cette perspective théorique s'articule autour des expériences de la décolonisation de l'Amérique latine, elle emprunte aux autres théories postcoloniales. Elle permet aussi de réfléchir de manière novatrice à plusieurs réalités historiques qui ont été ignorées, niées ou marginalisées par la centralité du pouvoir et du savoir occidental. Le courant Modernité/Colonialité propose une production épistémique alternative. Dans cette communication vous analyserons les discours des intellectuels d'Amérique latine qui s'impliquent dans la déconstruction de la colonisation textuelle et cherchent à rompre avec l'aura inventée de la centralité de la pensée européenne.

Résumé du colloque

Au début des années 1960, Lévi-Strauss prédisait que l’anthropologie allait subir une crise majeure, car son « objet d’étude principal », l’indigène, échappait à son emprise. Non seulement parce que les mouvements d’émancipation remettaient en question la légitimité du pouvoir colonial, mais aussi parce que les membres des peuples dominés commençaient à réfuter les discours qui justifiaient le colonialisme. Quinze ans plus tard, Saïd publiait L’orientalisme, un ouvrage dans lequel il dénonçait la « domination textuelle » de l’Occident sur l’Orient. Pour Saïd, la littérature et les narrations européennes qui dépeignaient l’Orient ainsi que les analyses universitaires qui soutenaient que la « Raison » devaient être imposées aux Orientaux servaient de justification au projet colonial.

Cette domination textuelle a longtemps minimisé les productions littéraires, artistiques, intellectuelles ainsi que les connaissances des peuples colonisés. Avec la montée des mouvements de décolonisation, les intellectuels des pays dominés ont entrepris une contestation de cette textualité. Celle-ci a pris plusieurs formes, la première consistant à déconstruire les discours eurocentristes en contestant l’universalisme des valeurs et de la science occidentale. La seconde permit aux peuples colonisés d’actualiser et de valoriser leurs propres narrations, leurs propres discours, leurs propres textes littéraires, traditions esthétiques et religions.

Saïd a été l’un des premiers à théoriser et à déconstruire la colonisation textuelle effectuée par les institutions occidentales. Récemment, s’est développé au sein des peuples autochtones ce même processus de décolonisation textuelle. ­L’objectif de cet atelier est d’examiner les différentes composantes de ce processus : réécriture critique de l’histoire; décolonisation de la recherche, de l’éthique et des méthodologies; productions littéraires, cinématographiques et artistiques destinées à rendre aux autochtones le contrôle de leur propre textualité.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 28 mai 2015

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