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Christian Fraser : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Répondant aux besoins des aménagistes et inspecteurs municipaux, un outil de planification de l'aménagement des territoires côtiers a été proposé. Cet outil cartographique permet d'identifier le cadre bâti exposé à l'érosion d'ici 2100. Tous les bâtiments, routes, chemins de fer, réseaux d'aqueduc et d'égout, sentiers pédestres et pistes cyclables sont cartographiés avec une haute résolution et une valeur d'exposition leur est attribuée selon 7 horizons de temps entre 2015 et 2100. Le calcul se base sur deux paramètres : 1) le taux probable de déplacement de la ligne de rivage appréhendé pour chaque unité géomorphologique homogène et 2) sur le recul événementiel maximal possible pour chaque type de côte. La valeur foncière ou de reconstruction de chaque infrastructure exposée est aussi évaluée. La méthode a été appliquée dans la baie des Chaleurs sur un territoire qui comprend 16 municipalités et 199 km de côte. La démarche permet non seulement d'obtenir un portrait actuel et futur de l'exposition du cadre bâti à l'érosion, mais offre surtout un outil original de planification de l'aménagement et d'identification des secteurs prioritaires pour la mise en place de solutions. Un recueil cartographique permet de localiser les infrastructures et des fiches techniques présentent la dynamique côtière spécifique à chacun des secteurs problématiques. Cette démarche s'inscrit aussi dans le cadre d'un processus de gestion des risques initié par le gouvernement du Québec.
Pour une plus grande résilience des collectivités au Québec
Les risques naturels sont omniprésents dans notre monde en changement, un fait confirmé par les événements des dernières décennies au Québec comme ailleurs dans le monde. Le passage de la tempête Arthur au mois de juillet 2014 sur le pourtour de la Gaspésie est un exemple récent d’aléa ayant généré des dommages de plusieurs millions de dollars aux infrastructures routières du village de Marsoui, notamment, lequel se remet encore de l’impact de la tempête dans le cœur du village. De plus, non seulement les aléas naturels surviennent naturellement, mais il semble que leur fréquence et leur amplitude changent avec l’évolution du climat, ce qui rend caduque la perception selon laquelle il est possible de les contrôler.
Dans la mouvance de cette prise de conscience, l’Organisation des Nations unies a lancé en 2005 la Stratégie internationale de prévention des catastrophes (SIPC), dont le principal objectif est de prendre en considération la notion de risque à l’échelle de la planète. Au Québec, par suite de la crise du verglas de janvier 1998, le ministère de la Sécurité publique a mis en place en 2001 la Loi sur la sécurité civile dans le but de rendre les collectivités plus résilientes. En mars 2014, il a adopté la Politique québécoise de sécurité civile 2014-2024, dont la résilience des collectivités constitue le cœur. Cette politique offre un cadre législatif renouvelé à l’égard des risques et de la réponse des autorités et des collectivités à ces derniers.
Il apparaît extrêmement pertinent, tant du point de vue de la recherche universitaire que dans l’optique d’arrimer cette recherche à la mise en œuvre de politiques publiques efficaces, de mettre en relation les différents intervenants concernés.
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