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Mansour Bouaziz : Western University
Au lendemain des indépendances, les jeunes pays décolonisés n'ont bénéficié que relativement et très brièvement de leur liberté nouvellement acquise. Entre régime autocratique, puisant sa légitimité dans l'ancienne lutte coloniale, et les dictatures militaires qui ont remplacé rapidement le joug colonial, le décolonisé, de fait, n'a vu qu'un changement de maître. Dans ce contexte l'intellectuel en postcolonie continue de mener la lutte contre un ennemi intérieur. Après la décolonisation les pistes se sont brouillées et il n'est plus aussi facile d'attribuer le mal subi à une entité précise. La littérature francophone contemporaine s'interroge sur le sort du décolonisé ; mais fait marquant, et qui pourrait rejoindre les craintes de Memmi quant à un éventuel oubli, sans pour autant les confirmer, le décolonisé contemporain ne se définit pas comme ancien colonisé, la colonisation étant pour lui reléguée à un passé assez éloigné. Cette distanciation par rapport au fait colonial est due en grande partie à des questionnements existentiels plus pressants et d'actualités et non à une amnésie générale ou à une volonté d'oubli. Cela concerne la Tunisie du moins. En ce sens, les écrits francophones contemporains orientent leurs solutions vers une éventuelle sortie du cul-de-sac historique dans lequel les pays décolonisés se sont retrouvés. Avant de regarder vers l'avenir il importe de solder le compte avec le présent qui se retrouve coincé entre un passé chaotique et un futur incertain.
Ce colloque invite les chercheurs de tous bords à une réflexion sur les représentations de la colonisation dans les littératures francophones contemporaines. Les angles de réflexion suivront — sans obligatoirement s’y limiter — les questionnements suivants : Comment les littératures francophones contemporaines représentent-elles la colonisation? L’investissent-elles de nouveaux contenus? Lui fixent-elles de nouveaux enjeux? Déploient-elles de nouvelles techniques d’écriture? Quelles nouvelles utopies, quels nouveaux projets de société proposent-elles et à quelles fins? À quelle nouvelle épistémè le champ littéraire francophone contemporain, en gardant ouverte la page de l’histoire coloniale, ouvre-t-elle? Quel(s) autre(s) savoir(s) sur le phénomène colonial — et ses divers épiphénomènes — cette épistémè recèle-t-elle? À quelle nouvelle (méta)critique du fait colonial les textes littéraires s’emploient-ils? Comment inscrivent-ils, dans leur déploiement narratif et énonciatif, la mémoire coloniale?
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