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Virginie Beaudin-Houle : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Cette présentation approfondira le lien entre croyances religieuses et modes de régulation des comportements selon l'approche québécoise de l'éthique. Les « éveilleurs de conscience », définis sommairement comme étant des personnes qui s'opposent à une autorité jugée malsaine et qui, par leurs actions prises de positions non-violentes et conséquentes, éveillent les consciences des témoins ou inspirent les gens longtemps après les faits, seront au centre de cette analyse. Le but de cet exposé est de tenter de définir le rôle que peuvent jouer les croyances religieuses pour ces personnes qui ont défié l'autorité tout en assumant entièrement les conséquences de leurs gestes. Obéissaient-ils à des obligations par crainte d'éventuelles sanctions divines ou avaient-elles intériorisé les valeurs agissantes de leur religion obéissant ainsi davantage à leur propre conscience ? Plusieurs cas seront abordés pour nous aider à clarifier ce rapport de l'éthique, au religieux et à l'histoire.
Le « religieux », sous ses différentes figures comme la religion, le croire, les usages rituels, le sacré et bien d’autres encore, est devenu l’un des objets d’investigation les plus questionné en sciences humaines et sociales. Le bassin sémantique du religieux interroge sociologues, juristes et politologues qui les abordent notamment sous l’angle de la sécularisation, de la laïcité et du phénomène religieux, tout comme il continue de questionner philosophes, théologiens et religiologues sur le sens à lui donner. Mais le religieux est-il un « objet de recherche » comme les autres?
Plus spécifiquement, les récentes recherches sur le religieux ont été le lieu de nombreuses interrogations épistémologiques, méthodologiques et éthiques sur le positionnement du chercheur et de son sujet d’études. La distinction classique entre « expliquer » et « comprendre » a été progressivement remplacée par d’autres perspectives (transdisciplinarité, interculturalité, autoformation, etc.) et les études sur le religieux ont été des incubateurs privilégiés pour repenser, entre autres, les rapports théoriques et pratiques entre homme-femme, matérialité-spiritualité et religion-démocratie. L’approche du religieux, par la nature de son sujet, et par son caractère « inconnaissable » à une époque où la science est marquée par l’incertitude, a été le lieu de renouvellement des interactions entre le chercheur et son objet.
Ce sont ces nouvelles approches, leurs articulations novatrices et les alliances nouvelles dont elles sont porteuses qui seront l’objet premier de nos délibérations. Que ce soient les interrogations sur le positionnement axiologique du chercheur vis-à-vis le « religieux », l’imputabilité du chercheur devant la science qu’il produit ou le rôle du religieux dans l’identité du chercheur, l’objectif du colloque sera d’explorer quelques-unes des pistes originales, épistémologiques et méthodologiques, qu’ouvrent aujourd’hui les études sur le religieux.
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