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Sarah Assidi : Université Laval
Dans le champ des littératures francophones l'expérience de l'histoire coloniale porte une tension soumise à une inévitable dimension parodique. Tahar Djaout et Emmanuel Dongala exploitent cette tension en relation avec les discours et représentations de l'époque coloniale en Algérie et au Congo. Ils déploient, chacun à leur manière, toute une esthétique de la dérision jouant sur les questions « d'héritage colonial » et de patrimoine culturel. Par l'exploitation d'une rhétorique baroque ils créent un imaginaire historique drôle, fantasque, à l'humour parfois ubuesque où les espaces et les temporalités sont multiples.
La fragmentation chez Emmanuel Dongala et la superposition chez Tahar Djaout du temps et de l'espace créent un effet grotesque où l'anachronisme, les ellipses et les analepses se conjuguent. Dès lors, la configuration spatiotemporelle semble témoigner d'une stratégie de distension de la dimension poétique et imaginaire. Il sera alors question d'analyser comment se créé cet imaginaire historique.
La figuration de l'Histoire, telle que les écrivains la représentent, est-elle encore emprunte de pouvoir? La parodie et l'esthétique de la dérision élident-elles la réalité du discours littéraire? Les discours et les représentations stéréotypées de l'histoire aboutissent ils à sa déconstruction? Ou encore servent-elles de prise de position esthétique?
Ce colloque invite les chercheurs de tous bords à une réflexion sur les représentations de la colonisation dans les littératures francophones contemporaines. Les angles de réflexion suivront — sans obligatoirement s’y limiter — les questionnements suivants : Comment les littératures francophones contemporaines représentent-elles la colonisation? L’investissent-elles de nouveaux contenus? Lui fixent-elles de nouveaux enjeux? Déploient-elles de nouvelles techniques d’écriture? Quelles nouvelles utopies, quels nouveaux projets de société proposent-elles et à quelles fins? À quelle nouvelle épistémè le champ littéraire francophone contemporain, en gardant ouverte la page de l’histoire coloniale, ouvre-t-elle? Quel(s) autre(s) savoir(s) sur le phénomène colonial — et ses divers épiphénomènes — cette épistémè recèle-t-elle? À quelle nouvelle (méta)critique du fait colonial les textes littéraires s’emploient-ils? Comment inscrivent-ils, dans leur déploiement narratif et énonciatif, la mémoire coloniale?
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