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Intériorisation des pulsions et psychotropes : la difficile gestion de la violence et de l'agressivité dans l'intervention de rue en toxicomanie

RP

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Romain Paumier : Université de Montréal

Résumé de la communication

À partir d'une enquête par entretiens non-directifs auprès d'une vingtaine d'intervenant-es communautaires en toxicomanie de la région montréalaise, cette communication analyse les expériences et les pratiques d'intervention sous l'angle de la gestion et de l'anticipation des effets attendus chez les usagers de psychotropes selon les catégories de produits consommés.

Les produits et substances ne possèdent pas tous solide réputation auprès des professionnel-es de l'intervention. Une différenciation de l'usage du psychotrope s'opère, qui s'inscrit dans deux figures principales de consommateurs. Chacune rattachée à des catégories de produits et à des conséquences physiologiques et émotionnelles propres : le léthargique et l'agressif.

D'une part l'héroïnomane, consommant une drogue provoquant un certain apaisement, est ainsi souvent préféré par les intervenant-es au cocaïnomane et au consommateur de ses dérivés et variantes, pour son instabilité comportementale, les éclats qu'il provoque et la tension qu'il installe au sein des structures et configurations de rue, une fois qu'il est sous emprise. Si ces deux figures correspondent pour beaucoup à une certaine dualité classique du drogué, je montrerai en quoi cette dichotomie constitue le premier seuil de réhabilitation auquel l'usager de psychotropes doit se conformer avant d'être considéré comme étant capable d'autonomie.?

Résumé du colloque

Si le statut du psychotrope, tel le pharmakon, se caractérise intemporellement par une ambiguïté entre remède et poison, thérapie et plaisir, un ensemble de nouvelles pratiques bouleverse la typologie des usages des psychotropes prévalant (médical/non médical, traitement/prévention/amélioration). Les psychotropes apparaissent de nos jours comme à la fois révélateurs de nouvelles normativités et catalyseurs de nouvelles socialités et identités. Au-delà du « pharmacocentrisme » et de l’approche épidémiologique dominante, ce colloque se propose d’étudier la consommation contemporaine de psychotropes comme une pratique socioculturelle significative.

1) Logiques de contrôle et normativités : entre usages licites et illicites
Cet axe s’intéresse aux normativités et aux logiques de contrôle qui visent à réguler les pratiques d’usages. Quelles logiques de contrôle prévalent, selon quels psychotropes? Quels enjeux sociopolitiques sous-tendent la classification légale des psychotropes? Comment les logiques de pathologisation/pharmaceuticalisation et de criminalisation/moralisation s’articulent-elles? Enfin, au nom de quelles valeurs et selon quelles normes la régulation des usages contemporains des psychotropes et leur consommation s’opèrent-elle et avec quels effets?

2) Cultures/sous-cultures/identités
Cet axe concerne les dynamiques culturelles et identitaires des pratiques contemporaines d’usages de psychotropes. Si elles sont depuis de nombreuses années sorties de la contre-culture pour mieux épouser les contours de la culture dominante (performance, consumérisme, autorégulation), les psychotropes demeurent au centre de dynamiques sous-culturelles, encadrés par un ensemble de rituels qu’il s’agit de mettre au jour afin d’appréhender les socialités sous-jacentes aux nouveaux usages du psychotrope (biosocialité). Il s’agira enfin d’aborder les nouvelles identités qui se forment autour de ces pratiques, entre addiction et plaisir, ou encore entre résistance et conformité.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 28 mai 2015

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