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Tang Alice Delphine : Université de Yaoundé I
Le roman L'A-fric fait subtilement le récit de l'histoire coloniale en Afrique. L'auteur a choisi de jouer avec des mots et des sonorités pour donner sa perception de cette histoire. Dès le titre : « L'A-fric », il se dégage un jeu de sons qui établit un lien entre le continent l'Afrique et le fric. Il développe une déconstruction de l'héritage culturel autour du mot « fric ». Le fric traduit l'héritage matérialiste et toute une idéologie qui montre que les motivations et le fondement de la colonisation sont centrés autour du fric. Le matérialisme a déconstruit les cultures africaines et sous-tendu la colonisation. Les répercussions néfastes de ce basculement des mentalités expliquent la plupart des maux qui minent les Africains. Il va enchaîner avec d'autres mots avec lesquels il joue : choléra, colère, cholérique, etc., ou encore Ebola, la baule, Eh beau là, le bol, le bal, la balle, ras-le-bol. Ces différents jeux de mots et de sonorités traduisent une réalité ayant un lien avec la colonisation. Dans ce dégagement de la satire, il se trouve que les leçons pour s'en sortir consistent à se tourner vers les richesses matérielles et immatérielles d'avant et présentes dont regorge le continent. Bref nous retrouvons dans ce texte une technique de communication à travers lequel l'auteur dresse, à partir d'un jeu de sonorités, un bilan de la colonisation en Afrique et propose des voies de sortie d'une crise dans laquelle s'enlisent les Africains.
Ce colloque invite les chercheurs de tous bords à une réflexion sur les représentations de la colonisation dans les littératures francophones contemporaines. Les angles de réflexion suivront — sans obligatoirement s’y limiter — les questionnements suivants : Comment les littératures francophones contemporaines représentent-elles la colonisation? L’investissent-elles de nouveaux contenus? Lui fixent-elles de nouveaux enjeux? Déploient-elles de nouvelles techniques d’écriture? Quelles nouvelles utopies, quels nouveaux projets de société proposent-elles et à quelles fins? À quelle nouvelle épistémè le champ littéraire francophone contemporain, en gardant ouverte la page de l’histoire coloniale, ouvre-t-elle? Quel(s) autre(s) savoir(s) sur le phénomène colonial — et ses divers épiphénomènes — cette épistémè recèle-t-elle? À quelle nouvelle (méta)critique du fait colonial les textes littéraires s’emploient-ils? Comment inscrivent-ils, dans leur déploiement narratif et énonciatif, la mémoire coloniale?
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