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La criminalistique ou l'analyse systématique des traces matérielles : méthode précieuse pour construire des connaissances sur les activités criminelles et en suivre les évolutions

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Simon Baechler : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Le principe de Locard nous apprend que toute action criminelle laisse une trace et il est du ressort de la science forensique de détecter, collecter, exploiter et finalement interpréter ces traces. Au-delà de leur apport dans le cadre d'une investigation en particulier, ces traces peuvent être considérées à un niveau plus général comme le reflet fidèle, mais incomplet, des phénomènes et activités criminelles dont elles résultent. Les traces évoluent par conséquent en parallèle avec la criminalité et constituent par hypothèse un objet d'étude pertinent pour percevoir l'innovation en matière de délinquance. Elles représentent ainsi un vecteur d'information et de mise à jour précieux pour les scientifiques et professionnels intéressés par la criminalité. Dans cette perspective, cette présentation expose les fondements et les enjeux d'une méthode de construction de connaissances structurées sur la criminalité qui repose sur l'analyse scientifique et systématique des traces matérielles. Cette approche, dite de renseignement forensique, et son apport sont illustrés à l'aide d'exemples d'analyses issues de travaux de recherche menés notamment sur les faux papiers d'identité, mais aussi sur les produits stupéfiants, l'ADN ou encore les traces de chaussures. Il est exposé en quoi cette approche peut contribuer à percevoir la structure des activités et marchés criminels, à suivre leurs évolutions et à détecter l'émergence de nouveaux phénomènes.

Résumé du colloque

L’innovation, en tant que processus particulier d’adaptation aux changements sociaux, est définie par Schumpeter (1934 : 65) comme une « nouvelle combinaison » de ressources. Celle-ci peut émerger du développement de nouveaux produits, modes de production ou sources d’approvisionnement, ou encore de l’exploration de nouveaux marchés ou formes d’organisation. Comme les plus grandes formes d’innovation sont souvent le produit d’une succession d’innovations (Kline & Tosenberg, 1986), elles sont davantage perçues comme un processus plutôt qu’une action ponctuelle. Le délinquant, tout comme n’importe quel acteur social, peut avoir recours à cette forme d’adaptation pour évoluer dans son environnement, ainsi que pour surmonter les contraintes liées à celui-ci. L’innovation prend alors la forme d’une modification du script criminel où certaines phases sont omises, permutées ou encore transformées.

Cette évolution de la délinquance amène les chercheurs à faire eux aussi preuve d’innovation à travers le développement de nouvelles connaissances théoriques et méthodologiques. Leur travail vise à améliorer la compréhension des processus de développement de l’innovation, c’est-à-dire l’identification des ressources mobilisées, des mises en application et des principaux vecteurs de diffusion (Carlsson et al., 2002).

L’innovation joue un rôle important dans l’avancement des connaissances en criminologie et nous discuterons, tout au long de ce colloque, du rôle de l’innovation à travers les trois thématiques suivantes : 1) l’actualisation des connaissances sur l’innovation de la délinquance et des délinquants; 2) les approches théoriques innovatrices en criminologie; et 3) les nouvelles méthodologies de recherche en criminologie.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 28 mai 2015

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