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Marie-Simone Raad : Western University
Cette communication présente Léon Gontran Damas comme conteur et son recueil de conte, Veillées Noires, publié en 1943 et pour lequel il a obtenu, comme le dit Daniel Racine, «des voix pour le prix des Deux Magots» (1983). À travers la voix d'une vieille dame guyanaise, du nom de Tètèche, Damas a recueilli des contes créoles qu'il a lui-même retranscrits dans la langue de Molière. Ces histoires reflètent la Guyane, son folklore, sa culture et sa nature dans l'unique but de transmettre l'héritage de ce patrimoine guyanais aux plus jeunes. Ces récits illustrent à la fois le système colonial et l'aliénation du Colon européen sur l'homme noir. Par le biais de l'allégorie, nous assistons à une confrontation entre l'esclave et le maître. En ce sens, le lecteur devient le témoin d'une lutte sans merci entre la ruse et l'intelligence des plus faibles contre la stupidité et la méchanceté, voire même la cupidité, des plus forts accentuant, par conséquent, la remise en question du pouvoir colonial. Ce combat symbolise en réalité la victoire de l'esclave sur le Colon amenant ainsi la désacralisation de ce dernier. Dans la réflexion proposée, il s'agira de montrer comment le monde colonial est représenté par le biais de l'imaginaire. Il sera donc nécessaire d'étudier les différents emplois de la personnification en s'aidant de la structure narrative de ces contes créoles mais aussi par le biais d'une scénographie enchanteresse propre à l'univers des contes guyanais et dont seul Damas a le secret.
Ce colloque invite les chercheurs de tous bords à une réflexion sur les représentations de la colonisation dans les littératures francophones contemporaines. Les angles de réflexion suivront — sans obligatoirement s’y limiter — les questionnements suivants : Comment les littératures francophones contemporaines représentent-elles la colonisation? L’investissent-elles de nouveaux contenus? Lui fixent-elles de nouveaux enjeux? Déploient-elles de nouvelles techniques d’écriture? Quelles nouvelles utopies, quels nouveaux projets de société proposent-elles et à quelles fins? À quelle nouvelle épistémè le champ littéraire francophone contemporain, en gardant ouverte la page de l’histoire coloniale, ouvre-t-elle? Quel(s) autre(s) savoir(s) sur le phénomène colonial — et ses divers épiphénomènes — cette épistémè recèle-t-elle? À quelle nouvelle (méta)critique du fait colonial les textes littéraires s’emploient-ils? Comment inscrivent-ils, dans leur déploiement narratif et énonciatif, la mémoire coloniale?
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